Edito: Une exception française

Posté par redaction, le 30 mars 2017

Juliette Binoche tente une opération grande séduction auprès d'un public populaire et jeune. L'une des rares actrices françaises oscarisées, et la comédienne française de sa génération la plus récompensée dans le monde (Un César pour 9 nominations, deux European Film Awards, et le grand chelem des festivals avec Venise en 1993, Berlin en 1997 et Cannes en 2010) réalise un virage étonnant ce printemps.

Binoche, on a pu admirer ou adorer récemment en Mademoiselle Julie ou en Antigone au théâtre. Au cinéma, elle a brillé chez Godard, Téchiné, Carax, Malle, Kieslowski, Haneke, Boorman, Cronenberg, Dumont, Hsiao-hsien, Gitai, Kiarostami ou Assayas. Une comédienne libre, instinctive, respectée. Juliette fut aussi l'égérie du 63e festival de Cannes. Bref, Binoche, dans l'esprit du public, est une actrice pointue, exigeante mais certainement pas populaire.

Sur le plan des chiffres, sa carrière comporte six-sept succès importants, dominés par deux fresques historiques et romanesques. Une seule comédie se classe dans son box office.

Juliette Binoche opère donc un virage à 180° cette semaine en étant à l'affiche d'un blockbuster américain et d'une comédie française grand public, en plus d'être une des guests de la série TV "Dix pour Cent" (qui sera diffusée à partir du 19 avril sur France 2). Après avoir refusé Jurassic Park et n'être passé que quelques minutes dans Godzilla, Binoche tient enfin un second-rôle étoffé dans une grosse production hollywoodienne. Là encore, elle avait failli passer son tour mais l'univers l'a séduit et le cinéaste Rupert Sanders l'a convaincue, arguant qu'il voulait "une femme authentique, une femme d’émotion". Binoche, malgré son pédigrée, a vu pas mal de films et projets lui passer sous le nez (pour diverses raisons).

En acceptant de faire le grand écart entre une chercheuse expérimentant la cybernétique et une adulescente enceinte tardivement, entre un rôle de "mère" dramatique et celui d'une maman comique (girly et blonde!), elle montre et démontre qu'elle est tout terrain et qu'elle veut plaire. En France, seule Cotillard s'est risquée jusque là à de tels contorsions cinéphiliques, passant de Mal de Pierres à Assassin's Creed à Rock n' Roll, pour prendre ses trois derniers films.

Ce come-back dans le cinéma populaire et ce surgissement sur le petit écran à heure de grande écoute s'accompagne d'une promotion logiquement ciblée sur des émissions comme "Quotidien" (qui a déjà reçu Deneuve, Huppert, ...) ou l'émission de radio de Nagui (et pas celle de Trapenard). Sur les tapis rouges, elle mise sur le glam sexy (décolleté plongeant) plus que sur le chic élégant qu'on imaginerait pour une star quinquagénaire.

On espère que ce triplé printanier permettra aux producteurs et aux réalisateurs de redécouvrir l'une de nos meilleures actrices. Mais une chose est certaine: on est ravi de voir qu'une comédienne de 53 ans (depuis le 9 mars) peut encore être en haut de génériques de films aussi différents, avec des personnages aussi contrastés, alors qu'Outre-Atlantique, toutes ses consœurs se plaignent d'un jeunisme meurtrier, et qu'en France, on range les interprètes dans des cases trop étanches. Binoche, avec Deneuve, Cotillard, Baye, Seydoux et autres, prouve qu'il y a bien une (belle) exception française.

Cannes 70 : quand les documentaires valent de l’or

Posté par cannes70, le 29 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-50. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

On ne peut pas vraiment dire qu'entre Cannes et le documentaire, ce soit une grande histoire d'amour. Le cinéma documentaire est ainsi toujours minoritaire, en sélections officielle ou parallèles, par rapport au cinéma de fiction. Jugez plutôt : en 69 éditions, deux films documentaires seulement ont reçu la Palme d'or. Aujourd'hui, dans le cadre de notre compte à rebours jusqu'au 17 mai, nous allons nous attarder sur ces deux Palmes, sorties à plus de quarante ans d'intervalle.

Le monde du silence : l'avis aquatique

Les images du Monde du silence semblent importantes dans l'imaginaire cinématographique collectif. De par ses images sous-marines par exemple : cela m'a frappé en découvrant il y a peu Opération Tonnerre, sorti 10 ans après le documentaire, mais aux images sous-marines semblables... la présence de James Bond en plus. De par la figure de Cousteau ensuite : le vaillant explorateur des fonds-marins a irrigué La vie aquatique de Wes Anderson, un hommage explicite, et le commandant a même eu droit à son propre biopic, sous les traits de Lambert Wilson, il y a quelques mois (L’Odyssée de Jérôme Salle). Il semble facile de comprendre ce qui a plu au jury à l'époque, tant les images sous-marines capturées par Cousteau et Louis Malle sont encore fascinantes aujourd'hui. Pourtant, de nos jours le film n'aurait sans doute pas reçu le même accueil. Le romancier et cinéaste Gérard Mordillat est d'ailleurs revenu sur le film l'année dernière, le qualifiant de "film naïvement dégueulasse".

En effet, à une époque où nous sommes de plus en plus nombreux à être sensibilisés à la protection environnementale et animalière, difficile de regarder avec autant d'émerveillement qu'en 1956 le film palmé. La flore sous-marine est dynamitée, les requins capturés, les tortues chevauchées. Ce qui est sûr, c'est qu'ici le cinéma, et en particulier le documentaire, dresse un portrait de son temps... Qui sait, peut être qu'un documentaire présenté à Cannes en 2017 soulèvera de vives polémiques en 2077 ! L'autre documentaire palmé, lui, en soulève dès qu'il est récompensé. Mais si avec Le monde du silence on ne critiquait pas la forme mais le propos du film, ce sera le contraire avec Fahrenheit 9/11.

Farenheit 9/11 : Bush Metal Jacket ?

En s'attardant sur la liste des films en compétition, on peut dire que la sélection du Festival de Cannes 2004 avait quelque chose de spécial. En plus de ce Farenheit 9/11, un autre documentaire était à l'affiche, Mondovino, qui jouait apparemment lui aussi sur la provocation, mais on retrouvait aussi deux films d'animations (sur lesquels on reviendra dans quinze jours), Shrek 2 et Ghost in the shell : innocence. Surtout, une ribambelle d'habitués de Cannes, dont certains n'auraient pas démérité une Palme, étaient présents.

A posteriori, la liste semble une réunion d'habitués, ce qui était moins vrai à l'époque. On retrouve deux films français de premier plan (Clean, d'Olivier Assayas et Comme une image d'Agnès Jaoui), un Paolo Sorrentino (les conséquences de l'amour), le Japonais Kore Eda avec Nobody Knows, Wong Kar-Wai avec 2046, un Apichatpong Weerasetakul (Tropical Malady) et un Emir Kusturica (La vie est un miracle). Tant qu'à faire, deux cinéastes coréens devenus phares y étaient (Park Chan-Wook pour Old Boy et Hong Song-Soo pour La femme est l'avenir de l'homme), même les frères Coen - pour leur plus mauvais film, le remake de Ladykillers -, et jusqu'à l'incontournable film-engagé-avec-Gael-Garcia-Bernal (Carnets de voyage). Bref, il y en avait des potentiels films "palmables". Pour autant, cette année-là le jury présidé par Quentin Tarantino a fait le choix du documentaire de Moore. Un choix qui selon le président était avant tout artistique.

Pourtant, difficile de ne pas voir le geste politique accompagnant cette remise de prix. Car le documentaire de Moore est un réquisitoire assumé, et nécessaire dans l'Amérique post-9/11 de Bush. Dans sa forme, le film n'est pas infaillible : on peut ne pas être sensible à la manière qu'a Moore de critiquer la politique de Bush, le ridiculiser était-il le meilleur moyen de le dénoncer ? Idem pour certains raccourcis que le réalisateur n'hésite pas à prendre : il donne par exemple une vision paradisiaque de l'Irak avant l'invasion américaine. Une vision linéaire qu'il a conservée : dans son dernier documentaire, Where to invade next, il dresse les louanges de la politique de pays européens en prenant des exemples loin d'êtres répandus (je n'ai jamais vu de cantines scolaires aussi appétissantes, et encore moins une table entière d'enfants ne connaissant pas le Coca-cola !).

Pour autant, difficile de ne pas saluer le geste de Moore, qui derrière ses actions provocatrices dénonce l'absurdité du comportement de Bush suite aux attentats. On peut aussi se dire que le documentaire permet de toucher un large public grâce à son format. Comme l'explique Youssef Chanine dans les bonus du DVD : "le documentaire avait une valeur essentielle à un moment essentiel".  Mais récompense t-on un film avec la Palme d'Or pour une raison politique, pour son geste ? A la veille de la prochaine édition du Festival, on se rappelle encore de l'octroi de la récompense à Moi, Daniel Blake l'année dernière. Tout comme Farenheit 9/11, c'est plus la dénonciation politique que le cinéma en lui-même qui semble avoir été salué ...

Les deux documentaires à avoir obtenu la Palme d'Or ont donc soulevé des polémiques importantes. D'autres documentaires, et non des moindres, ont été présentés, voire primés, tout au long de l'existence du Festival, ne citons que les moins choquants (sauf rejet inattendu sur leurs sujets) Le Mystère Picasso d'Henri Georges Clouzot, prix spécial du Jury en 1956, la même année que le Cousteau donc, ou encore Woodstock, le documentaire hippie fleuve qui eut droit à sa sélection en 1970. Certains ont suscité, sinon des polémiques, au moins de fortes réactions, ce qui n'est pas si étonnant, un documentaire s'attachant, par essence, à refléter son époque. On ne connaît pas encore les films qui seront présents cette année sur la croisette, mais si un documentaire apparaît lors de l'annonce de la sélection officielle, il s'agira certainement d'une œuvre dont la présence se justifiera par sa capacité à déranger, heurter ou éveiller les consciences de festivaliers parfois éloignés de certaines réalités du monde. L'idée de scandale étant dans l'ADN du Festival, ou au moins de ses commentateurs, que cela passe par le documentaire a quelque chose d'assez réjouissant, non ? Même si depuis Moore, c'est devenu bien rare, le genre étant relégué aux séances hors-compétition.

Nicolas Santal de Critique-Film

Le Festival de Venise succombe à la Réalité virtuelle

Posté par vincy, le 29 mars 2017

La Mostra de Venise ne veut pas avoir l'air d'être ringarde: elle va lancer une section compétitive dédiée aux films en Réalité virtuelle, alors que la création dans le domaine reste émergente.

La section de Venice Virtual Reality comprendra un maximum de 18 films. Si les grands festivals ont accueilli diverses expérimentations ou présentations sur ce sujet, c'est la première fois que la VR se fait une telle place sous les spotlights. Trois prix seront décernés par un jury (meilleur film, grand prix du jury, prix de la créativité).

Il y a cependant une certaine logique à ce que Venise soit initiateur dans ce format. L'an dernier, le festival avait accueilli une démonstration dans une salle dédiée à la VR et avait projeté un film en Réalité virtuelle. En janvier, la Biennale de Venise a lancé sa première édition du Laboratoire de Réalité Virtuelle (aka le Biennale College Cinema – Virtual Reality), qui suit un projet de son développement à sa distribution. 9 projets avaient été sélectionnés dont deux français: Dilemma de Camille Duvelleroy et Laurent Duret et The Little Black Pawn de Quentin de Cagny et François Bouille. Deux de ces neuf projets recevront une aide à la production de 30000€ chacun et seront présentés, aux côtés des films en compétition, dans le VR Theatre, au premier étage du Palazzo del Casinò,

Cannes 2017: l’affiche!

Posté par vincy, le 29 mars 2017

A 70 ans le Festival de Cannes s'affiche en rouge (comme le tapis), en glam, en joie!

Reprenant la ligne graphique de ces dernières années (une couleur majeure, un lettrage fin et design, une star), le beau poster du Festival met en vedette une jeune Claudia Cardinale riant et dansant à Rome en 1959. E Viva Italia!

La Claudia est une habituée de la Croisette. Si, ces dernières années, on l'a plutôt vue du côté de Cannes Classics, elle a été en compétition avec Enrico IV, Fitzcarraldo, La pelle, Le Guépard (Palme d'or), La ragazza con la valigia et La viaccia (tous deux en 1961). On peut y ajouter, hors compétition 8 et demi de Federico Fellini.

L'actrice a commenté cet hommage: "En plus d’être honorée et fière d’avoir été choisie pour porter les couleurs de la 70e édition de Cannes, commente Claudia Cardinale, je suis très heureuse du choix de cette photo. C’est l’image même que je me fais de ce Festival : un rayonnement. Cette danse sur un toit de Rome, c’était en 1959. Nul ne se souvient du nom du photographe, je l’ai oublié aussi. Mais cette photo me rappelle mes débuts, et une époque où je n’aurais jamais imaginé me retrouver un jour monter les marches du plus célèbre palais du cinéma."

La photo de Getty Images que l’agence Bronx et Philippe Savoir ont utilisé a été légèrement retouchée: des cheveux ont été coupés ou rajoutés, le bras gauche semble plus long, elle apparaît en suspension (sur la photo originale, elle a un pied sur le sol), le ventre a été légèrement caché pour mieux dessiner le sein sous le chemise. Peu importe, Claudia est belle et l'affiche superbe.

En attendant la révélation de la sélection officielle le 13 avril, on sait déjà que Monica Bellucci sera la maîtresse des cérémonies. L'Italie toujours. Avec l'espagnol Pedro Almodovar en Président du jury et le Brésil en invité d'honneur, ce 70e anniversaire a un côté latin qui ne nous déplaît pas.

Cannes 70 : une palme d’or rime-t-elle nécessairement avec Oscars et César?

Posté par cannes70, le 28 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-51. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


Le festival de Cannes propose chaque année les films les plus importants de l'année à venir, et a de ce fait souvent été précurseur des deux grosses cérémonies de cinéma du monde que sont les Oscars et les César. Même si la trame cannoise est très différente du modèle hollywoodien ou de la french touch des César (à Cannes rares sont les films français qui repartent avec la palme d'or), les films palmés s'envolent souvent dans la capitale, avant de se poser délicatement à Los Angeles, catégorie meilleur film étranger au minimum. Petit retour sur les films palmés qui ont brillé aux Oscars et/ou aux César.

Dès le premier festival de Cannes en 1946, l'Oscar n'était pas très loin du palais cannois. En effet, en cette première année Le poison de Billy Wilder, l'histoire du week-end infernal d'un alcoolique, emporte un Grand Prix et un prix d'interprétation masculine pour Ray Milland avant l'Oscar du meilleur film (et du meilleur acteur encore) dans la foulée.

1955 reste une année d'exception. Jusqu'à aujourd'hui encore, le drame Marty de Delbert Mann avec Ernest Borgnine en garçon boucher reste le seul film à avoir remporté la Palme d'or et l'Oscar du meilleur film. Une palme n'est pas une garantie de trophée suprême aux Oscars, comme en témoignent certains successeurs dont La Loi du silence de William Wyler (1957), MASH de Robert Altman (1970) qui se contentera de l'Oscar de la meilleure adaptation ou Conversation secrète de Francis Ford Coppola (1974). Deux ans après ce dernier, c'est au tour du bébé de Martin Scorsese, Taxi Driver, de se voir nommé aux Oscars sans obtenir la statuette. Il est mis k.o par le premier volet de Rocky qui l'emporte dans la catégorie du meilleur film.

En 1980, pour la première – et unique - fois deux Palmes d'or sont citées la même année à l'Oscar du meilleur film. Apocalypse Now de Coppola encore (Palme 1979) et Que le spectacle commence de Bob Fosse (Palme 1980) partagent le même triste sort, battus par le drame du divorce Kramer contre Kramer de Robert Benton. Les deux cinéastes aiment le partage : en 1973, le premier avait remporté l'Oscar du meilleur film pour Le Parrain tandis que le deuxième recevait celui du meilleur réalisateur pour Cabaret. Même leurs Palmes sont partagées, Coppola avec Volker Schlöndorff pour Le Tambour, Fosse avec Akira Kurosawa pour Kagemusha.

Sexe, Mensonges et Vidéo, Sailor et Lula et Barton Fink, trois palmes d'or américaines consécutives (de 1989 à 1991) se contentent elles-aussi de maigres citations. Quant à La Leçon de piano, elle gagne la Palme d'or en 1993 mais aux Oscars, c'est Steven Spielberg qui l'emporte avec La Liste de Schindler.

En 1994, Pulp fiction emporte la palme tout en finesse avec le doigt d'honneur (bien mérité) offert par Quentin Tarantino à l'assemblée peu satisfaite de son sacre avant de se retrouver nommé à l'Oscar du meilleur film l'année suivante. Néanmoins, il ne remportera pas cet honneur hollywoodien, l'Académie lui préférant Forrest Gump. Même manque de chance deux ans plus tard pour le Secrets et mensonges de Mike Leigh qui, a brillé au Festival de Cannes avant d'apercevoir l'Oscar sans l'avoir en 1997. Ce qui arrivera également en 2002 pour le film Le Pianiste de Roman Polanski qui, malgré sa palme, se prend une dérouillée par les talons aiguilles du duo sexy et jazzy de Chicago de Rob Marshall (Oscar du meilleur film en 2003). La malédiction continue sur le délicieux Amour de Michael Haneke en 2012, lui aussi reparti bredouille. Mais Roman Polanski comme Michael Haneke se consolent avec le César du meilleur film.

Parfois, c'est l'inverse qui se produit comme en 2011 avec The Artist qui ne repart de la croisette qu'avec la Palme Dog (prix décerné aux chiens animés ou réels dans les films) et le prix d'interprétation masculine pour Jean Dujardin avant de briller aux Oscars (cinq prix dont meilleur film et meilleur acteur) et aux César (meilleur film et actrice notamment).

Côté César, les lauréats ont encore moins de chance... et pour cause, il n'y a pas que des films de chez nous qui emportent la célèbre palme d'or, du coup le choix des César est plus restreint, si ce n'est dans la catégorie Meilleur film étranger. Rares sont donc les gagnants de la croisette qui brillent également au théâtre du Châtelet. Il faudra d'ailleurs attendre 1987 pour voir un lauréat aux César : Sous le soleil de satan de Maurice Pialat remporte la palme d'or mais se fait coiffer au poteau par Au revoir les enfants de Louis Malle aux César.

Même sort en 2006 pour L'Enfant des frères Dardenne, battu par De mon battre son cœur s'est arrêté de Jacques Audiard, en 2009 pour Entre les murs de Laurent Cantet, pas suffisamment fort face à Séraphine de Martin Provost (César du meilleur film), puis en 2016 avec Dheepan de Jacques Audiard, les votants préférant (ouf) Fatima de Philippe Faucon. À l'inverse le film Elle de Paul Verhoeven emporte le césar du meilleur film et accessoirement celui de la meilleure actrice pour Isabelle Huppert ainsi qu'une tonne de nominations dans le monde, jusqu'aux Oscars. La palme d'or était revenue à Moi, Daniel Blake de Ken Loach.

Toutefois, même si Palme d'or ne rime pas à tous les coups avec Oscar et César, le festival de Cannes a toujours eu du flair, et les films sélectionnés se retrouvent chaque année dans les "tops" de fin d'année et les autres différentes cérémonies nationales (BAFTA, prix Lumières, European Film Awards...) Quels que soient les concurrents de cette année, on sait donc que Cannes les mettra en orbite pour le reste de la saison, et que cette 70e édition donnera une nouvelle fois le ton. Il nous tarde de les découvrir et qui sait, peut-être de les suivre jusqu'au théâtre du Châtelet, puis à Los Angeles.

Cynthia Hamani d'Ecran Noir

Barry Jenkins revient à la série pour Amazon et Netflix

Posté par wyzman, le 28 mars 2017

Deuxième personnalité noire après Steve McQueen à réaliser un film oscarisé, Barry Jenkins a actuellement le vent en poupe. Pour cause, son film Moonlight a fait un joli succès outre-Atlantique, y rapportant plus de 18 fois son budget (en France, le film a dépassé les 525000 entrées). Sacré meilleur film dramatique aux derniers Golden Globes, Moonlight fait désormais partie de l'histoire. Une raison pour laquelle Barry Jenkins peut désormais se concentrer sur des projets divers. Et c'est bien ce qu'il compte faire dès ce printemps.

Déjà auteur d'un épisode de la série Futurestates en 2011, Barry Jenkins sera prochainement de retour du côté du petit écran si l'on peut dire puisque Variety a annoncé qu'il allait écrire et réaliser la mini-série The Underground Railroad. Basé sur le roman éponyme de Colson Whitehead, la série d'Amazon narre les péripéties de Cora, une esclave d'une plantation de coton en Géorgie qui découvre l'existence d'un chemin de fer souterrain et organise sa fuite.

Couronné du National Book Award 2016, l'équivalent américain de notre prix Goncourt, The Underground Railroad (à paraître en France) a activement été soutenu par Oprah Winfrey et promu par Barack Obama himself. Bien qu'aucune date de mise en production ne soit pour l'heure annoncée, cela ne saurait tarder. Mais avant de découvrir cette série produite conjointement par Pastel Productions (la boîte de Barry Jenkins) et Plan B Entertainment (celle de Brad Pitt), vous noterez que Barry Jenkins a eu le temps de réaliser un épisode de la série de Netflix Dear White People, adaptée du film du même nom. La saison 1 de Dear White People sera mise en ligne le 28 avril.

Miles Teller sous la direction de Nicolas Winding Refn

Posté par cynthia, le 28 mars 2017

miles tellerMiles Teller vient d'être embauché par les studios Amazon pour la série événement du réalisateur de Drive et de The Neon Demon, Too old to die young, Nicolas Winfing Refn.

Teller jouera le rôle de Martin, un policier impliqué dans un monde d'assassins. La série explore le cœur du monde criminel à Los Angeles en suivant des tueurs durant leur quête afin de devenir samouraï. En 10 épisodes, ce petit brin d'Only God Forgives, sera coécrit par le cinéaste danois et Ed Brunaker à qui nous devons l'écriture de la série Westworld.

Ce projet TV sera une première pour le réalisateur tout comme pour l'acteur de Whiplash. "Je suis un grand fan du travail de Nicolas et c'est une véritable opportunité pour moi de travailler avec lui et également pour Amazon, ce type de service est vraiment excitant", confie Miles Teller.

L'acteur, récemment vu dans War Dogs cet été, a deux autres projets en cours cette année dont Granite Mountain produit par Lionsgate et la prochaine production de Steven Spielberg pour Universal, Thank you for your service.

« Ciao Italia! »: Le cinéma s’invite dans une exposition sur l’immigration italienne

Posté par vincy, le 27 mars 2017

L'exposition Ciao Italia!, récit d'un siècle d'immigration et de cultures italiennes en France entre 1860 et 1960, s'ouvre le 28 mars au Musée national de l'Histoire de l'immigration. On connaît tous un ami issu aux origines italiennes, sans compter la cuisine (pizza, pasta...) ou des mots italiens devenus courants en Français qui ont imprégné la culture française.

Sur l'émigration des Italiens, l'exposition montre quelques extraits dès le début du parcours: un film de 1915, L'emigrante de Febo Mari, et Toni de Jean Renoir (1935). Le 7e art infuse ainsi tout au long de ce voyage dans le temps, avec un extrait de Thérèse Raquin de Marcel Carne ou l'affiche de Il piccolo vetraio (Les vitriers) de Giorgio Capitani.

A côté de l'exposition, le musée proposera d'ailleurs des projections comme la webserie de Svevo Moltrasio et Federico Iarlori, Ritals et macaronis, ou le documentaire suisse de Pierre-François Sauter, Calabria.

De l'emigrante à la dolce vita

Mais si l'on parle de cette exposition, c'est parce qu'elle s'achève sur une consécration du cinéma. 1960 pourrait symboliser le début d'une époque, ou la fin d'un cycle. Les Italiens en Français sont davantage Français qu'Italiens, la culture des deux pays est reliée par De Gaulle avec le concept de "latinité", les deux peuples sont cousins, les deux nations sœurs. Terminés les commentaires xénophobes, les violences racistes, les sales jobs donnés aux transalpins (on vous recommande de lire la prose ambigüe d'Albert Londres sur le sujet dans Marseille porte du Sud). 1960 c'est Fellini et La dolce vita. L'Italie n'est plus le pays pauvre qui fournit des travailleurs. C'est le pays cool où l'on vit "Plein soleil", sans "Mépris", où "Rome est ville ouverte" et où l'on "Voyage à deux" avec une Vespa ou en cabriolet. C'est Martini et Campari.

Le dernier chapitre de l'exposition est donc consacré au cinéma, avec, en vedette les chanteurs-acteurs Yves Montand et Serge Reggiani, tous deux d'origine italienne, l'affiche de L'avventura produit par le magnat de la presse italien installé en France Cino del Duca, et bien sûr Lino Ventura, qui toujours conservé sa nationalité italienne, star française populaire, que l'on voit rouler des mécaniques "à l'italienne" avec Aldo Maccione dans L'aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch. L'italianité a longtemps été cette image du macho frimeur sur la plage que Lelouch a filmé comme on cadre un ballet d'échassiers un peu ridicules. Heureusement l'italien c'est surtout Marcello. Mastroianni rejoignant Anita dans la fontaine de Trevi. C'est la dernière image qu'on emporte, même si elle n'a aucun rapport avec le sujet. L'extrait du film démontre que l'Italie et son cinéma, ses artistes, ses millions d'immigrés ont infusé dans nos esprits français.

Cannes 70 : minuit, l’heure du film

Posté par cannes70, le 27 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-52. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


Pour les films en compétition à Cannes, les séances officielles se déroulent selon un rituel devenu habituel : le message automatique « mesdames et messieurs veuillez accueillir l’équipe du film » résonne, on les applaudit pendant que le réalisateur et ses talents s’assoient au centre, la grande salle Lumière est plongée dans le noir et l’écran s’éclaire avec le début du film dans un silence sacré… Mais chaque année, il y a quelques séances dites "de minuit" (sur le programme minuit trente, en vrai plutôt 1h du matin… ça fait partie du folklore) pour des films hors-compétition où l’ambiance est différente : le plus souvent Thierry Frémaux est sur scène avec un micro pour présenter l’équipe, on applaudit en sifflant, et, quand le film commence, les noms du générique provoquent encore des applaudissements et des hurlements…

Thierry Frémaux a déjà déclaré que le Festival de Cannes repose sur 4 piliers qui sont les auteurs, le marché, les médias et le glamour ; et que « ces quatre piliers doivent être à égalité ». C’est parfois difficile quand il y a un film roumain, iranien, ou philippin en course, mais cette délicate équation s’équilibre sur l’ensemble des films sélectionnés ; elle est vérifiée aussi pour presque chaque séance de minuit. Un exemple l’année dernière avec Blood Father : retour de Jean-François Richet aux commandes d’un film tourné aux Etats-Unis, présence de Mel Gibson, fin de festival… et résultat , une grosse ambiance au rendez-vous !

Dans ces moments-là, on va non seulement au cinéma mais aussi au spectacle, le public cinéphile (relativement) sage en journée devient aussi agité que celui d’un concert. Alors que pour la sélection en compétition c’est parfois "haters gonna hate", pour les films de minuit c’est plutôt "ceux qui savent, savent". Les films des autres séances se doivent de conquérir le public, pour les séances de minuit  le public est déjà acquis d’avance au film qu’il s’attend à voir. C'est ainsi que, depuis quelques années, avec des thrillers sanglants et des documentaires rock’n’roll, les séances de minuits sont devenues un rendez-vous événementiel à ne rater sous aucun prétexte.

Les séances de minuit c’est rock !


En 2007, le groupe U2 a joué deux titres en live sur les marches juste avant la projection de U2 3D, en fait une captation d’un extrait de concert en relief à voir seulement avec des lunettes 3D. Le documentaire musical est un genre qui s’invite souvent aux séances de minuit. L’année dernière c’est Iggy Pop qui est venu pour le documentaire Gimme Danger qui lui a consacré Jim Jarmush. La chanteuse Amy Winehouse a été trouvée morte à 27 ans, de nombreuses vidéos personnelles ont été retrouvées ensuite pour que Asif Kapadia en fasse Amy à Cannes en 2015 avant de gagner un Oscar du meilleur documentaire. Et c’est justement pour anticiper un éventuel futur succès avec un Oscar que Cannes essaie d’attirer des films sur la musique à minuit, comme par exemple The Sapphires de Wayne Blair en 2012 (mais qui n'aura finalement eu des statuettes qu’en Australie).

Les séances de minuit ça fait peur !


Les zombies c’est la vie, mais c’est injustement mort pour figurer en compétition : alors séance de minuit. En 2004 on découvre ainsi L’armée des morts, c’est non seulement un très bon remake du Zombie de George A. Romero mais aussi le premier film (son meilleur ?) d’un nouveau réalisateur qui allait ensuite se consacrer au blockbuster de super-héros : Zack Snyder. L’année suivante il y aura à minuit un documentaire dont le sujet est justement les films de minuits qui deviennent de plus en plus populaires Midnight Movies : From the Margin to the Mainstream par Stuart Samuels. Mais le souvenir de celui-ci a été en partie éclipsé par l’événement organisé en introduction juste avant : une vingtaine de minutes d’images exclusives de Land of the Dead, le prochain film que tournait justement le père des zombies de retour à la réalisation. Et, cri d'effroi supplémentaire sur la gâteau horrifique, George A. Romero lui-même était présent et est monté sur scène !

Autre pointure du genre depuis son Evid Dead et après sa trilogie Spiderman, voici Sam Raimi invité en séance de minuit en 2009 pour son nouveau film Jusqu’en enfer avec une malédiction démoniaque qui avait bien fait palpiter la salle. Même si son nouveau film est plutôt raté, un grand nom du fantastique sait désormais qu’il pourra être à Cannes à minuit, comme par exemple Dario Argento en 2012 avec son Dracula 3D. 2012 toujours à minuit la claque viendra de Maniac par Franck Khalfoun et Alexandre Aja entièrement en caméra subjective du point de vue du tueur, avec l’équipe était présent William Lustig le réalisateur de l’original 30 ans avant (on espère le revoir encore à Cannes en 2018 pour le remake de son Maniac cop coproduit par Nicolas Winding Refn). Un des meilleurs films de 2016 aura été un film avec des zombies qui a été découvert à minuit à Cannes l’année dernière : Dernier train pour Busan de Sang-ho Yeon, qui a comme qualité bonus de venir de Corée du Sud, grand pays pourvoyeur de films pour les séances de minuit...

Les séances de minuit c’est asiatique !


Le savoir-faire coréen dans le genre thriller place la barre très haut, comme par exemple donc bien entendu ce Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho. En 2008 une autre séance de minuit a vu une longue ovation pour un nouveau réalisateur qui s’est imposé à coups de marteau : Na Hong-Jin avec The Chaser qui aurait d’ailleurs pu bousculer le palmarès s'il avait été en compétition (comme Old boy de Park Chan-wook en 2004). En 2015 ça sera O Piseu (Office) de Hong Won-Chan. Les autres pays asiatiques sont aussi régulièrement en séance de minuit avec certains de leurs réalisateurs les plus connus. En 2010, on découvre par exemple la grande fresque cape et épée Wu Xia de Peter Ho-Sun Chan, en 2013 c’est Blind Detective de Johnnie To et aussi Monsoon Shootout de Amit Kumar. En 2014 la surprise vient du film The Target de Yoon Hong-seung, qui est un dynamique remake du thriller français À bout portant de Fred Cavayé.

Les séances de minuit c’est aussi français !


C’est un reproche que l’on entend pour ces dernières éditions pour les films en compétition de la sélection officielle : il y a trop de films français, et pas les meilleurs. Certains films français tentent des choses dans le cinéma de genre, pas souvent pour le meilleur, mais Cannes se débrouille pour en placer certains en séances de minuit. Ainsi en 2009 on voit Ne te Retourne pas de Marina De Van dans lequel Sophie Marceau prendra l’apparence de Monica Bellucci. L’année suivante en 2010 c’est L’autre monde de Gilles Marchand avec Melvil Poupaud, Louise Bourgoin et Grégoire Leprince-Ringuet et un jeu vidéo mortel. Pour ce qui est du cinéma de genre français, la séance de minuit est presque synonyme malheureusement d’une appréciation de type : "des efforts mais peut mieux faire" (d’ailleurs Gilles Marchand avec Dans la forêt en février 2017 et Marina De Van avec Dark Touch en 2014 ont fait mieux ensuite).

D’autres films ont voulu exploiter sur leur affiche le logo du Festival de Cannes (surtout pour être vendus dans d’autres pays) mais bien qu’étant du genre "séance de minuit", ils n’ont pas pu avoir cette séance de prestige et ont été relégués pour ça en séance spéciale du Cinéma de la Plage (qui ne rend pas service aux nouveaux films) comme en 2015 Les enragés ou en 2010 La meute. Curieusement les séances de minuit sont plutôt bénéfiques à n’importe quel film, sauf aux films français qui semblent eux mieux accueillis en passant par La Semaine de la Critique : comme Grave (dans les salles depuis le 15 mars) l’année dernière ou A l’intérieur en 2007.

Cocorico, il y a quand même chez nous un cinéaste qui a pour particularité d’avoir eu plusieurs films en séance de minuit : c’est Gaspar Noé. En 2015 Love 3D provoque presque une émeute car il y a beaucoup plus de spectateurs présents que de places dans le théâtre Lumière, même à minuit (il n'y avait eu aucune séance plus tôt pour les journalistes, et un surnombre de tickets avaient distribués pour cette séance), en 2002 Irreversible est bien dans la compétition officiellen en course pour la palme, mais a quand-même été projeté à minuit avec quelques personnes qui ont dû en sortir avant la fin (quelques malaises à cause du mixage sonore avec des infra basses, et également dus à la longue scène de viol). Programmer Gaspar Noé à minuit provoque assurément un certain buzz : un buzz bénéfique partagé à la fois par le cinéaste et par le Festival.

On pourrait d'ailleurs mesurer le degré de réussite d’une édition du Festival de Cannes non pas seulement à son palmarès mais pourquoi pas aussi à ses films de minuit, et au buzz qui en est résulté. Alors, qu’en sera-t-il pour Cannes 2017 ?

Kristofy pour Ecran Noir

Le cinéaste tunisien Karim Belhadj arrêté pour « homosexualité »

Posté par vincy, le 27 mars 2017

La SRF (Société des réalisateurs de films) a annoncé ce lundi 28 mars que le cinéaste (engagé) tunisien Karim Belhadj avait été "arrêté le 13 mars 2017, à son domicile, en compagnie d’un homme qui a reconnu avoir eu une relation homosexuelle avec lui." "Sur cette base, le juge d'instruction a ordonné un test anal et a émis un mandat de dépôt contre eux" précise le communiqué.

"Les cinéastes de la SRF sont indignés, condamnent avec fermeté de telles pratiques et appellent à la libération immédiate des deux hommes" et rappelle que "Le test anal ordonné depuis quelques temps par les juges tunisiens est assimilé à un acte de torture."

Selon la SRF, les deux hommes sont actuellement incarcérés à la prison de Mornaguia. "L'article 230 du code pénal tunisien prévoit une peine de 3 ans d'emprisonnement pour les actes de sodomie."

Diplômé de l'institut maghrébin de cinéma (IMC) en 2001, puis de l'école supérieure des études cinématographiques (Essec) à Paris spécialité assistanat à la réalisation. Karim Belhadj a travaillé en tant qu'assistant sur plusieurs courts métrages et spots publicitaires. Après avoir réalisé S.O.S (2011), son premier documentaire, il a sorti son premier court métrage de fiction Case départ en 2012, avec le soutien du ministère de la culture, qui évoque la vie difficile des diplômés de l'enseignement supérieur en Tunisie.