2015 décembre » Le Blog d'Ecran Noir

Les actus, les films et les stars les plus lus en 2015 sur EcranNoir.fr

Posté par vincy, le 31 décembre 2015

Les actualités les plus lues cette année:

  1. 10 films français qui pourraient créer la surprise cette année
  2. Avengers 2: quatre nouveaux personnages Marvel transformés par le cinéma
  3. Catherine Deneuve et Harvey Keitel tombent amoureux
  4. Les Nombrils: deux films pour trois drôles de filles
  5. 7 films pour ne pas oublier le génocide arménien
  6. Fin du conte cruel de Laura Antonelli
  7. L'Instant Court: les seins de ma prof d'anglais avec Audrey Fleurot
  8. Travis Fimmel : des slips Calvin Klein à Warcraft
  9. Les 34 révélations en live pour un César du meilleur espoir 2016
  10. Star Wars Episode 7: le messie de l'année ciné ?
  11. La dolce morta d'Anita Eckberg
  12. L'instant zappette: Homos mais pas trop
  13. Les attentats du 13 novembre 2015: cinémas et festivals impactés
  14. Cannes Classics 2015: Rocco et ses frères de Luchino Visconti (1960)
  15. One Piece Strong World: le 10e film débarque enfin dans les salles françaises, les autres en DVD

Les critiques de films les plus lues cette année:

  1. Mad Max : Fury Road
  2. Taxi Téhéran
  3. Marguerite
  4. Dear White People
  5. Fast & Furious 7
  6. Sea Fog: les clandestins
  7. Shaun le mouton
  8. A trois on y va
  9. Suite française
  10. Un pigeon perché sur une branche...
  11. Cake
  12. Le tournoi
  13. La promesse d'une vie
  14. Un homme idéal
  15. Connasse, princesse des coeurs

Les portraits de stars les plus lus cette année:

  1. François Truffaut
  2. Brigitte Bardot
  3. Johnny Depp
  4. Brad Pitt
  5. Sophie Marceau
  6. Leonardo DiCaprio
  7. Keanu Reeves
  8. Monica Bellucci
  9. Gaspard Ulliel
  10. Cécile de France

Mon film de l’année 2015: The Lobster de Yorgos Lanthimos

Posté par vincy, le 30 décembre 2015

2015 restera sans doute comme une année sombre pour les Français. De Charlie Hebdo au Bataclan, les attentats ont marqué l'année et les esprits. Aussi, quand il a fallu choisir un film, parmi les trois cents vus cette année, mon choix aurait pu être un divertissement intelligent (Vice-Versa, Shaun le mouton), une oeuvre formelle sidérante ou séduisante (Le fils de Saul, Tangerine), une fresque politique qui en dit long sur le délitement de la société (Au-delà des montagnes), une comédie de résistance (Taxi Téhéran) ou un drame lucide de rébellion (Much Loved), une oeuvre absurde et poétique (Un pigeon perché sur une branche..., Vincent n'a pas d'écailles), un polar nostalgique (Phantom Boy, Avril et le mondre truqué), un drame dénonciateur (El Club), un film binational bouleversant (Mustang), un poème romantique (Hill of Freedom), un délire jouissif (Les nouveaux sauvages, The Voices) ou même l'un des films cités par les autres rédacteurs d'Ecran Noir. Du contemplatif Apitchapong Weerasethakul au saignant Alberto Rodriguez en passant par le clinique Ruben Östlund, les cinéastes d'ici ou d'ailleurs ont rendu l'année cinéma riche et variée, même si, souvent, les sujets étaient aussi sombres que l'actualité.

Et c'est bien parce que 2015 fut peu joyeuse que je voulais choisir un film qui évoque l'amour. Après tout, c'est encore le seul sentiment qui peut nous faire oublier l'horreur économique ou les peurs de notre époque. Carol aurait été le candidat évident. Mais il ne sort que le 13 janvier. Dans le film de Todd Haynes, l'amour est dévastateur, irrésistible, passionnel et donc irrationnel. Il fait fi de la censure, des carcans, du conservatisme et s'impose comme le seul remède pour s'affranchir, s'émanciper, bref, être libre. Il nous coupe le souffle et nous tire les larmes quand on devine que l'étreinte brisée pourrait se réparer par un simple baiser.

Ce qui peut faire écho à l'autre grand film de l'année, celui qui sera donc mon coup de coeur, The Lobster. Le film de Yorgos Lanthimos est aussi un film romantique, à sa façon. Le cadre est tout aussi autoritaire. Si, dans Carol, la société rejette un amour homosexuel, dénie le droit de vivre hors des conventions, dans The Lobster, la Loi oblige à être en couple. Le cinéaste grec imagine alors une fable parfois surréaliste, parfois allégorique, toujours plus réaliste qu'on ne le croit, sur un vivre-ensemble liberticide. Dans ce monde étrange, un célibataire peut devenir un animal s'il ne trouve pas de partenaire. Il n'a pas le droit de se masturber. Il doit s'obliger à trouver un(e) alter-ego quitte à modifier son comportement ou mentir pour séduire. Question de survie. Avec un humour décalé, quelques situations cocasses, The Lobster dessine la noirceur de notre temps, où le mariage semble un aboutissement évident, où vivre seul est toujours considéré comme une tare. Le célibataire serait un handicapé, bon à revenir à l'état bestial.

Fascinant, le film bascule ensuite dans le camps de ceux qui se révoltent. Les rebelles ont pris le maquis. Mais, par posture, par idéologie, par esprit de contradiction, eux refusent toute idée du couple. Le solitaire est roi dès lors qu'il n'y a aucun "solitaire" (diamant) en jeu. Yorgos Lanthimos réussit à montrer à quel point il est absurde de vouloir dicter les sentiments, de décider à leur place ce qui est bien, au nom du collectif. Mais, comme dans Carol, le film est un hymne à la liberté amoureuse, à cet amour plus fort que tout, à cette émotion si intense qu'on en devient aveugle ou fou, prêt à laisser tomber toute sa vie d'avant. L'amour nous projette dans un avenir qu'on imagine heureux, joyeux, immortel. Cela vaut tous les sacrifices. La satire est acide. La symétrie parfaite. La dialectique habile. La farce cruelle. La fantaisie pessimiste.  Au passage, il égratigne le consumérisme, le repli sur soi, l'idéologie sectaire et donc exclusive. Esthétique, glaçant et glacé, morbide, c'est orwellien, frigide et grinçant.

Sans doute parce que l'oeuvre est plus terrifiante que romanesque, il s'agit non pas d'une simple critique de notre monde mais d'un appel à refuser la norme. La normalité est aliénante, qu'elle soit conservatrice ou extrêmiste. Refuser l'autre sous prétexte qu'il est différent, détruire l'autre sous prétexte qu'il ne rentre pas dans les cases de sa grille (intellectuelle, sociétale, politique, idéologique). Sous ses allures intrigantes et audacieuses, The Lobster est davantage le portrait de notre désenchantement et de notre impuissance qu'un drame romantique, même si les élans du coeur font pousser des ailes à ceux qui ont trouvé l'amour, le vrai. La seule emprise capable de faire oublier le déclin de nos empires.

Christopher Nolan fait le plein pour Dunkirk

Posté par wyzman, le 29 décembre 2015

La nouvelle a déjà fait le tour de la Toile - et donc de la planète - durant le week-end de Noël : le prochain film de Christopher Nolan sera tourné à Dunkerque. C'est d'ailleurs avec une certaine fierté que La Voix du Nord a annoncé la nouvelle. Mais aujourd'hui, les choses se précisent davantage. Traitant de l'évacuation de Dunkerque en mai et juin de l'année 1940, le prochain film du réalisateur de la trilogie The Dark Knight suivra l'opération Dynamo. Cette dernière, que l'on appelle également la bataille de Dunkerque, opposait les armées française et britannique à l'Allemagne. Dans une situation périlleuse, les deux premières armées auraient fait preuve d'une résistance héroïque, exemplaire mais désespérée…

Variety vient de révéler le titre final du film : Dunkirk. Prévu pour une sortie le 21 juillet 2017, le film sera produit par Warner Bros., comme tous les films de Christopher Nolan depuis Memento. Celui-ci continue donc de creuser son chemin avec ce nouveau thriller d'action. Mais le plus intéressant est à venir : une partie du casting aurait déjà été trouvée. Après Matthew McConaughey et Jessica Chastain pour Interstellar, ce serait au tour de Mark Rylance et Kenneth Branagh de se retrouver devant la caméra du réalisateur de 45 ans. Pour rappel, Mark Rylance est actuellement à l'affiche du Pont des espions tandis que Kenneth Branagh a récemment réalisé le live-action movie Cendrillon de Disney. Les négociations sont en cours.

Et ce n'est pas fini ! Trois ans après avoir incarné Bane, Tom Hardy serait également sur le point de retrouver l'auteur de The Dark Knight Rises. Alors qu'il a cartonné cette année dans Mad Max : Fury Road, l'acteur sera dans les jours qui viennent à l'affiche de The Revenant d'Alejandro Gonzelez Inarritu (qui devrait permettre à Leonardo DiCaprio de décrocher son fameux Oscar) et dans Legend de Brian Helgeland (où sa double performance a déjà été saluée par les critiques). Comme le précise Deadline, Dunkirk sera filmé en IMAX et en 65mm.

Le tournage devrait débuter en mai prochain. D'ici là, il ne fait aucun doute que d'autres stars viendront grossir les rangs… On sait que Nolan est un as pour "teaser" chaque annonce concernant ses films.

Mon film de l’année 2015 : Sea Fog de Shim Sung-bo

Posté par kristofy, le 29 décembre 2015

Fin d'année oblige, faire un top 10 donne le vertige, alors, forcément, on transige... Cette année s'avère plus difficile. on subit le décalage d'un calendrier qui commence de facto en février à Berlin ou en mai avec le Festival de Cannes jusqu’à celui de l’année suivante : certains des meilleurs films en salles en 2015 étaient à Cannes en 2014 et d'autres qui étaient dans les festivals cette année ne sortiront pas avant l'année prochaine… On arrive à un top 10 des meilleurs films de 2015 toujours éclectique et cosmopolite, avec des films français, américains, britanniques,qui parlent argentin, chinois, coréen. Mais mon «coup de coeur de l'année» va en direction d’un film en provenance de Corée du Sud : Sea Fog: les clandestins (Haemoo) de Shim Sung-bo.

A l’inverse des blockbusters occidentaux qui cette année plus que jamais ont voulu faire du neuf avec du vieux en proposant suites et reboots, en y incorporant des éléments de remake (comme Jurassic World, James Bond-Spectre, Star Wars-the Force awaken…), à l’est, il y a toujours du (re)nouveau. Par exemple en Corée du Sud: territoire de cinéma où la qualité d’un premier film est telle qu’il est bien meilleur que quantités d’autres (suites) produits ailleurs. Depuis quelques années on a déjà remarqué un véritable savoir-faire coréen en matière de narration tant scénaristique que visuelle avec, par exemple, la possibilité de mélanger un drame intimiste avec de l’action spectaculaire (chose que Hollywood peine à reproduire).

La force de Sea Fog est son ambition de réunir dans un même film à la fois les éléments d’un drame social poignant et en même temps ceux d’un ‘film de genre’ type survival. Le point de départ est d’ailleurs inspiré de faits réels (la mort de plus d’une vingtaine de clandestins en provenance de Chine vers la Corée en 2001), et de manière crescendo, Shim Sung-bo oriente son film vers un thriller nihiliste. Sea Fog est un drame maritime où se côtoie les valeurs du Bien et du Mal sans réelle barrière, avec comme principe que ‘la fin justifie les moyens’, même si ces moyens sont extrêmes. L’histoire se déroule presque en trois actes : des marins, puis les marins et des clandestins, et ensuite de plus en plus de morts… Le spectateur se retrouve en position de s’identifier au capitaine du bateau et d’approuver ses décisions même si celles-ci peuvent transgresser la loi ou la morale. Un incident dramatique autant que tragique devra absolument et cruellement être caché de tous avant le retour au port : il va y avoir des cadavres à faire disparaître… Sea Fog réussit à allier une tragédie larmoyante et un spectacle sanglant, le tout dans un quasi huis-clos sur un bateau, au milieu d'un brouillard mystique. En mer personne ne vous entendra crier ?

Mon film de l’année 2015 : La chambre interdite de Guy Maddin

Posté par MpM, le 28 décembre 2015

la chambre interdite

S’il ne faut retenir qu’un seul film de l’année 2015, c’est forcément le film-somme de Guy Maddin (coréalisé avec Evan Johnson), cette Chambre interdite qui convoque rien de moins que les fantômes des films perdus des grands cinéastes du passé, de Murnau à Hitchcock en passant par Ford ou Lang. A la fois romanesque et irrévérencieux, fantastique et baroque, gonflé et sublime, il emporte le spectateur dans un foisonnement d’histoires emboîtées les unes dans les autres et dont les échos se répondent de séquence en séquence. Une baignoire prête pour le bain nous amène dans un sous-marin où l’apparition soudaine d’un Forestier nous fait basculer dans une forêt où des brigands ont enlevé une jeune femme qui…

On se perd avec bonheur dans ce labyrinthe aux dédales à la fois déroutants et d’une grande cohérence qui propose un voyage dans le cinéma des origines dont il emprunte une partie de l’esthétisme : images déformées et tremblantes, lumières vacillantes, inserts et cartons dignes du cinéma muet, expressionnisme, surimpressions, clair-obscur, auréoles noires autour de l’image, bords flous, couleurs saturées… C’est une splendeur visuelle constamment renouvelée, aux confins de l’expérimentation radicale et de la réinvention inspirée.

Avec cette boulimie gourmande à la fois scénaristique et visuelle, Guy Maddin et Evan Johnson touchent à l’essence même du cinéma qui est de raconter des histoires, imaginer des situations, animer des personnages, créer des interactions, faire des clins d’œil au spectateur et multiplier les niveaux de lecture comme autant de poupées russes. Ce qui se joue, c’est au-delà d’un simple un film, une véritable prise de position artistique, presque un manifeste pour réaffirmer ce qu’est le cinéma et d’où il vient.

Voilà pourquoi notre année 2015 gardera l’empreinte de ce voyage onirique et sensoriel, mais aussi spectral, aux multiples clefs et interprétations, qui revient à un principe fondamental : le plaisir brut du cinéma.

Mais bien sûr, d'autres films auront fait à leur manière cette année cinéma. Côté documentaires, on retiendra trois styles complètement différents pour évoquer les traumatismes du passé : The look of silence de Joshua Oppenheimer, L'image manquante de Rithy Panh et Une jeunesse allemande de Jean-gabriel Périot. Côté cinéma français, ce sont les premiers films qui ont fait la différence : Le grand jeu de Nicolas Pariser, Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore et Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Côté cinéma européen, on a fait le grand écart entre Le fils de Saul de Lazlo nemes, qui a ouvert un nouveau chapitre du cinéma sur la Shoah, et Les milles et une nuits, projet fou de Miguel Gomes qui parle si bien de notre époque. Le cinéma latino-américain nous aura gâté avec L'étreinte du serpent de Ciro Guerra et Le bouton de nacre de Patricio Guzman. Et le cinéma asiatique avec Cemetery of splendor de Apichatpong Weerasethakul et Taxi Téhéran de Jafar Panahi. C'est dire si, une fois de plus, on aura voyagé, rêvé, réfléchi et traversé des quantités d'émotions complexes par la simple magie d'un écran éclairé dans une salle obscure.

En 2016, Warner Bros. revoit sa copie?

Posté par wyzman, le 27 décembre 2015

Qu'on se le dise, l'année 2015 n'a pas été si extraordinaire que cela pour la Warner. Bon, certes le studio finit à la 4e place des distributeurs français, mais n'affiche que 7,2% de parts de marché avec 22 films sortis (loin des scores de Universal et Disney, à égalité avec Mars distribution). Aux Etats-Unis, le studio est 3e, avec 37 films en salles: le plus gros line up de l'année ne l'empêche pas d'être distancé par Universal et Buena Cista. En moyenne par film, la Fox fait même mieux. Et finalement, les dirigeants du studio se consoleront avec une année à peu près similaire à celle de l'an dernier.

Alors oui, il y a eu des succès évidents tels que San Andreas (473M$ de recettes mondiales), Mad Max : Fury Road (375M$, blockbuster de l'année), Creed (100M$ et pas encore sorti dans le monde entier) ou encore Strictly Criminal (94M$, mais de bonnes critiques), mais les déconvenues ont été nombreuses. Bien trop nombreuses ! A commencer par Jupiter Acending, le dernier film des Wachowski qui a coûté 176M$ à produire mais n'en a rapporté que 183M au total. La suite de Magic Mike, Magic Mike XXL, n'a pas brillé autant que prévu et cela ne compense pas les débâcles qu'ont connu Agents très spéciaux - Code U.N.CL.E., Au Cœur de l'Océan, Entourage ou encore We Are Your Friends. Bref, vous l'aurez compris, en 2015, les films produits par Warner Bros. n'ont rien fait péter niveau box office. Seulement trois films au dessus des 100M$ cette année (contre six l'an dernier dont 3 au dessus des 200M$). Et il est certain que, comparé aux succès que sont Jurassic World et Le Réveil de la Force, le constat est encore plus grave. Ses deux plus gros hits, San Andreas et Mad Max Fury Road sont tout juste classés dans le Top 20 annuel, à la 19e et 20e place, quand l'année dernière elle plaçait 3 films dans le top 10 (et le champion de l'année, American Sniper).

Que faire pour l'année 2016 ? Le studio va-t-il sortir les bons films au bon moment ? Eléments de réponse.

Alors que le secteur n'a jamais été autant polarisé entre deux types de films (les blockbusters bourrés d'effets spéciaux et les comédies), la Warner mise sur l'éclectisme et opte pour la prise de risque calculée. Du moins, nous supposons qu'elle l'est ! Dès le mois de février, le studio sort Comment être célibataire en même temps que Deadpool (Fox) et Zoolander 2 (Paramount). Est-ce une bonne idée ? La comédie potache portée par Rebel Wilson, Dakota Johnson et Leslie Mann va-t-elle tenir le choc face aux blagues graveleuses de Ryan Reynolds ? Possible

En mars, sortie de Me Before You. Adapté du roman de Jojo Moyes, ce drame romantique devra son succès à son casting. On y retrouve pour le coup : Emilia Clarke (Game of Thrones), Sam Claflin (The Riot Club), Jenna Coleman (Captain America), Matthew Lewis (Neville Londubat dans Harry Potter) et Ben Lloyd Hughes (Divergent). Mais si les ados américains ne sont pas réceptifs à ce casting, il va sans dire que ce sera à cause de la sortie de La Chute de Londres, soit la suite de La Chute de la Maison Blanche ! Cela dit, outre la sortie de Divergente 3 (Lionsgate), le box office mondial de ce mois-ci devrait être dynamisé et dynamité par le choc des titans promis dans Batman vs Superman : L'Aube de la Justice. Avec un budget de production record (410M$), il va sans dire que le nouveau bébé de Zack Snyder ne doit pas se rater. Et c'est tout le mal qu'on lui souhaite tant les différentes bandes annonces en mettent plein la vue. le milliard de $ dans le monde est presque obligatoire et devrait permettre au studio de lancer la course aux phénomènes de l'année. Pour le prestige, Warner peut compter sur le film de Jeff Nichols, Midnight Special, en compétition à Berlin.

En mai, le studio espère faire la nique à Nos pires voisins 2 (Universal), avec la comédie policière The Nice Guys. Dans les rôles titres : Ryan Gosling, Russell Crowe et Kim Bassinger... Bref, les abdos de Zac Efron et les poignées d'amour de Seth Rogen ne vont en faire qu'une bouchée. Voilà qui est réglé, sauf si la critique s'emballe et que le public adulte revient dans les salles. Mais les choses pourraient s'améliorer en juin. J'insiste sur le "pourraient" car même si la sortie de Conjuring 2 est une bonne nouvelle pour la Warner (film peu coûteux et donc forcément rentable), son affrontement avec Insaisissables 2 (Lionsgate) et l'adaptation de Warcraft (Universal) n'en est pas une du tout ! Il ne serait ainsi pas étonnant que le combat vire au cauchemar pour les trois studios… En juillet, c'est Tarzan que voudra faire revivre le studio, après l'échec de Pan, le pari est risqué. D'autant qu'en face, Disney a prévu un Spielberg familial, Le Bon gros géant. Une guerre des familles est à prévoir à moins que les ados trippent pour le roi de la jungle. Il faudra quand même compter sur la suite de Independence Day (Fox), sortie une semaine avant. Central intelligence, avec DwayneJohnson et Kevin Hart a plus de chance de rencontrer son public dans le genre comédie de flics.

Mais outre Batman vs Superman : L'Aube de la Justice, Warner Bros. peut également compter en août sur un autre blockbuster ultra méga attendu les fans de comics. Il s'agit bien évidemment de Suicide Squad ! Réalisé par David Ayer (Fury), le film peut compter sur la présence de Will Smith (After Earth), Margot Robbie (Le Loup de Wall Street), Jared Leto (Dallas Buyers Club), Jai Courtney (Terminator Genisys), Common (Selma), Viola Davis (HTGAWM), Cara Delevingne (Pan) et les apparitions de Ben Affleck (Argo) et Scott Eastwood (Snowden). Bref, voilà une distribution qui pèse lourd mais devrait donner au film un goût d'Avengers en plus badass !

En septembre, on joue la sécurité avec le pilote héroïque Sully, incarné par Tom Hanks, dans un film de Clint Eastwood.

En octobre, le studio qui a produit la trilogie The Dark Knight dévoilera The Accoutant. Le film dirigé par Gavin O'Connor (Brothers) raconte comment un expert-comptable incarné par Ben Affleck (!) bosse en parallèle pour des organisations mafieuses. Face à Gambit, le huitième film estampillé X-Men porté Channing Tatum, Warner Bros. devra sérieusement jouer des coudes. Cela étant, connaissant l'ex-mari de Jennifer Garner, il se pourrait bien que sa performance soit 'Oscar-worthy' et donc peu destinée au grand public. Affaire à suivre.

En novembre, la comédie Bastards qui n'inspire pas plus que cela verra s'opposer Glenn Close (Damages) à Ed Helms (Les Millers) et Owen Wilson (No Escape)… Juste après, le préquel de Harry Potter prendra le relais. J'ai nommé Les Animaux fantastiques ! Réalisé par David Yates (Harry Potter 5, 6, 7 et 8) compte dans ses rangs Eddie Redmayne (The Danish Girl), Ezra Miller (We Need to Talk About Kevin) et Colin Farrell (True Detective). Le public aura-t-il déjà envie de replonger dans l'univers magique de Harry ? Le prequel vaudra-t-il vraiment le détour ? Il n'en fait aucun doute. Le marketing sera là pour ramener les fans d'Harry Potter dans les salles. Ce qui fera au moins trois blockbusters de première catégorie dans le programme 2016 du studio. Assurément 2016 sera meilleure que 2015.

Une chose est sûre, l'agenda de la Warner Bros. est donc plus que jamais optimisé autour de ces trois films majeurs : Batman vs Superman : L'Aube de la Justice, Suicide Squad et Les Animaux fantastiques. Chacun d'eux devant donner lieu à une suite déjà programmée, la marge d'erreur est faible voire carrément inexistante. Et si aujourd'hui le marché mondial permet de rentabiliser même les plus gros bides (merci la Chine), un succès public dans les salles américaines est toujours apprécié.

Mon film de l’année 2015 : Star Wars, épisode VII: Le réveil de la force de J.J. Abrams

Posté par wyzman, le 27 décembre 2015

star wars le réveil de la force épisode 7 han solo harrison ford

Dix ans après La Revanche des Sith, La Force a à nouveau frappé dans les salles de cinéma. Et il faut reconnaître que cet acte marquera l'histoire du cinéma pendant au moins une décennie. En effet, s'il ne faut retenir qu'un seul film de toute cette année 2015, c'est sur Le Réveil de la Force que mon choix se porte. Premier volet d'une nouvelle trilogie, le film réalisé, scénarisé et produit pas J. J. Abrams est une véritable pépite de space opera, un genre que George Lucas himself a popularisé et auquel il a donné ses lettres de noblesse. C'était en 1977 avec le premier Star Wars, désormais intitulé épisode IV: Un Nouvel espoir.

Trente-huit ans plus tard, c'est avec un certain aplomb que J. J. Abrams s'est engouffré dans l'univers qui l'a bercé pour livrer un film intense, attendu et épique. Intense car, que l'on soit fan ou pas de la saga, l'évocation de Star Wars suscite de vives réactions, bonnes ou mauvaises. Attendu car Star Wars figure aujourd'hui encore parmi les 3 sagas les plus rentables de l'histoire et que son influence dans la pop culture n'est plus à démontrer. Épique car pendant 135 minutes, le réalisateur de Super 8 nous envoie bien au-delà du septième ciel : aux confins de l'espace grâce à des scènes d'action franchement brillantes.

Les détracteurs du film (et de la saga) évoquent un marketing abject, du fan service à peine masqué et une pâle copie de l'épisode 4. Certes, il y a un peu de vrai dans tout cela. Mais c'est également là que l'on retrouve le génie du jeune Abrams. Plus que conscient de la valeur de la saga pour l'industrie du spectacle, celui-ci a repris les étapes clés de la première trilogie pour les déconstruire, les arranger à sa sauce et faire un film qui parle aux plus anciens, aux novices et aux fans de demain. Avec son casting multigénérationnel et où la diversité se voit, Le Réveil de la Force n'est pas un simple blockbuster made in Disney mais bien un événement auquel personne n'a pu échapper.

Entre cette héroïne qui émerge, cet acolyte noir et en vie, ce boy-scout pas si présent que ça et ces parents qui se remettent en question, Star Wars 7 fait preuve d'une modernité déconcertante voire attendrissante. Doté d'une philosophie bien à lui, où la limite entre bien et mal est moins christique que par le passé, Le Réveil de la Force est un énorme divertissement et un gigantesque spectacle dans lequel la magie opère. Les dialogues semblent d'un autre temps mais le tout est visuellement futuriste. Et c'est une chose que l'on ne peut pas enlever au bébé de J. J. Abrams ! C'est d'ailleurs parce qu'il ne réalisera pas les deux prochains volets que l'on peut décemment dire que cet épisode VII est le film de sa vie, l'œuvre dont le public se souviendra à jamais. Plus encore, c'est un bijou visuel qui renferme tout l'univers créé par George Lucas, le père spirituel de J. J. Abrams, et la pâte de ce dernier.

Que l'on ait aimé ou simplement eu envie de voir ce Star Wars 7, il n'en demeure pas moins le film de l'année, celui qui a dynamité comme jamais le box office et remis au goût du jour une saga que l'on trouvait jusqu'à il y a peu vieille et ringarde. Drôle, fantastique et empli d'une nostalgie et d'une volonté de faire plaisir assumées et revendiquées, Le Réveil de la Force clôt avec brio une année 2015 inoubliable.

Mon film de l’année 2015: 99 Homes de Ramin Bahrani

Posté par cynthia, le 26 décembre 2015

Dans un épisode de la série Ally McBeal de David E Kelley, un personnage dit à Ally que "si nous repensons à l'année qui s'achève sans rire ni pleurer, c'est qu'il s'agit d'une année perdue!" Tant de rire et (surtout) tant de larmes que laisse 2015 en guise de souvenir. Notre pays a été ébranlé de part et d'autres, nous touchant en plein cœur mais aussi nous révélant que nous étions bien plus fort que ce que nous pensions. Si la vie a été difficile en cette année, le septième art lui est comme chaque Français... toujours debout!  Malgré la dureté de 2015, ce n'est pas une comédie que j'ai choisie, ni un orgasme visuel comme l'année dernière mais un film social qui rappelle comme le monde peut être égoïste et inhumain lorsqu'il est question d'argent. 99 Homes c'est l'art du comment un homme bien sous tous rapports perd son âme afin de survivre dans une Amérique inquiétante de vérité!

Le film est tenu par un scénario qui prend aux tripes et met en scène un duo incroyable à l'écran: Andrew Garfield doux et qui amène l'empathie, Michael Shannon et sa gueule de gros dur qui nous rend haineux tend il interprète l'indifférence et la méchanceté avec brio (monsieur a été nommé aux prochains Golden Globe).

La scène qui m'a marqué à jamais reste celle où Dennis (Andrew Garfield) est contraint de mettre un vieillard handicapé et couvert de tuyaux à la rue:

"- Vous avez quelqu'un chez qui aller?

- Euh...non...ma femme est morte...je n'ai plus personne depuis longtemps..."

Pendant qu'on vide sa maison, on le dépose sur la pelouse aux yeux de tous. Puis on le laisse là, entouré par ses effets personnels et devant ses voisins effarés. Ramin Bahrani s'est inspiré de faits réels pour son film...de quoi faire froid dans le dos!  C'est donc cette douleur qui m'a plu en 2015, celle du personnage d'Andrew Garfield en perpétuel combat entre le bien et le mal, entre ce qu'il faut faire et ce qu'il doit faire. Un long-métrage captivant qui vous marque à tout jamais.

Grand gagnant de Deauville 2015, 99 Homes n'a pourtant pas eu la chance de sortir dans les salles obscures et n'est disponible qu'en VOD.

Mon film de l’année 2015: Mad Max: Fury Road de George Miller

Posté par geoffroy, le 25 décembre 2015

Mon coup de cœur est en fait un double coup de cœur. De deux cinémas diamétralement opposés qui, au détour d’une même thématique élevée au rang de profession de foi, se croisent comme pour mieux se contempler. Car et au-delà de leur forme, de leur agencement ou de leur proposition narrative bien distincts, mon choix se justifie avant tout par le geste qui les a enfantés.

La quête, alors identique, émane d’un besoin viscéral d’existence via un enracinement aussi bien géographique – topologique – qu’ontologique. L’un et l’autre se fondent pour ne plus former qu’un paysage-monde à l’étalement infini. À la fureur du premier répond la méditation du second dans une même communion avec l’espace arpenté. Ce faisant, les deux films créent les conditions d’un territoire cinématographique totale à la puissance d’invocation rare.

Alors oui, pour toutes ces raisons Mad Max : Fury road de George Miller et Jauja de Lisandro Alonso sont mes deux coups de cœur de cette année.

Edito: « La vie c’est comme un cornet de crème glacée »

Posté par redaction, le 24 décembre 2015

Noël arrive à temps. Pas qu’on soit forcément enthousiastes de subir les polémiques et "enguirlandages" de famille, de se réjouir des kilos supplémentaires pris dans les hanches, de s’affoler à l’idée d’avoir dépensé trois semaines de vacances en une soirée de cadeaux (dont certains seront revenus le lendemain au profit du bénéficiaire). Sans parler de tous ces films souvient mièvres où le sapin fait office de médiateur ou d’entremetteur. Mais, comme dirait Capra, La vie est «belle ».

Bah oui, franchement, nous sommes en vie. Comme le disait Charles Schulz, le créateur de Snoopy et des Peanuts, "La vie c’est comme un cornet de crème glacée que vous devez le lécher un jour à la fois." Oui, Forrest Gump n’a rien inventé. Et après cette année terrible – des dessinateurs assassinés, l’ascension de Donald Trump, le tremblement de terre au Népal, les buzz débiles sur le web, genre la bite de Justin Bieber, les attentats du 13 novembre à Paris, les sales conditions de vie des réfugiés d’orient et du sud, la palme d’or à Dheepan, les terrasses au mois de décembre hashtag Cop 21, la destruction de Palmyre, les spoilers de Star Wars, la pauvreté qui progresse, et on en passe – et bien après cette année terrible, on a tous besoin d’élixirs et d’ivresse, de résurrection du bonheur, d’heures de fantaisie, de cyber-pause, de poésie, de silence, d’élans du cœur…

On peut aussi aller au cinéma. Se laisser étreindre par les images, séduire par les stars, s’évader par l’illusion. Mais oui, Noël arrive à temps pour rembobiner une année pourrie et, plutôt qu’un remake, écrire une année originale, flamboyante, positive, enrichissante, bref, le film de notre vie. Ou au moins une belle séquence.

Et pour citer de nouveau Maître Schulz, "Tout ce dont vous avez besoin c’est d’amour. Mais un peu de chocolat de temps en temps ne fait pas mal."