2012 décembre » Le Blog d'Ecran Noir

24 coups de coeur d’Ecran Noir : les films que vous n’avez peut-être pas vu, à tort

Posté par redaction, le 31 décembre 2012

Plutôt qu'un Top 10 forcément frustrant et incomplet, Ecran Noir a préféré mettre en avant des films qui n'ont pas forcément trouvé leur public, ou qui ont vraiment touché le coeur des rédacteurs, pour des raisons aussi subjectives qu'irrationnelles. Une sorte de séance de rattrapage, de déclaration d'amour à des films qui n'ont pas toujours reçu l'accueil qu'ils méritaient. Un manifeste aussi tant les genres varient : du documentaire au film d'animation, d'Hollywood à l'expérimental.

Aussi ne vous inquiétez pas : il y a des films qui manquent. Des films que nous avons beaucoup aimés, qui nous ont scotchés, qui ont mérité leur succès public ou/et critique, qui ont reçu les prix les plus prestigieux. Ces films sont incontestablement dans le haut de notre liste. Mais ce n'était pas l'objectif de ce "bilan". Bien sûr qu'Amour, Argo, La chasse, César doit mourir, Les bêtes du sud sauvage, Holy Motors, Skyfall, Les enfants loups, J. Edgar, The Dark Knight Rises, Rebelle, Frankenweenie, Moonrise Kingdom, La part des anges, La Taupe ou Zarafa auraient figuré dans notre palmarès. On aurait aussi pu mentionner Barbara, Elena, Les Invisibles, La désintégration, Tabou et Touristes, tous très bons pour des raisons différentes. Tout comme Jeff who lives at home, hélas uniquement sorti en DVD.

Ou encore le grandiose (et on pèse nos mots) Final Cut, présenté à Cannes hors compétition. Le film de Gyorgy Palfi n'est hélas pas prêt de sortir en salles.

Alors on a préféré évoquer 24 souvenirs. 24 films/an comme il y a 24 images/seconde.

Par ordre alphabétique.

A perdre la raison de Joachim Lafosse

Portrait glaçant d'une femme asphyxiée, A perdre la raison révèle la part d'ombre qui existe au cœur de tout rapport humain. Le spectateur partage le sentiment d'oppression grandissant qui étreint l'héroïne et ne peut que regarder, impuissant, la folie qui la guette.

Bellflower d'Evan Glodell

Ce film est une pépite à découvrir, pas du tout un ovni bizarre, mais au contraire une belle proposition de cinéma indépendant. Une narration qui divague, et le récit fragmenté fascine même si on ne sait pas trop où ça nous emmène, on se laisse conduire avant d’être soufflé par son brio.

Cogan, la mort en douce d'Andrew Dominik

Ici, le thriller est cérébral, la mise en scène artistique. On peut tuer avec froideur ou douceur, cela reste saignant. Mais l'humour et le cynisme ne sont jamais loin. Polar malin dans une Amérique en décomposition, tout y est business, même le meurtre. Sauf le plaisir procuré par ce film noir.

Dans la maison de François Ozon

Ozon délivre un récit terriblement prenant d'un bout à l'autre et multiplie les pistes. Il parvient à nous intéresser avec ce thriller dans lequel Hitchcock n'est jamais très loin.

Elle s'appelle Ruby de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Entre mythe et réalité, conte et dur vérité, Ruby est un petit bijou du cinéma d'auteur comme on devrait en faire. La plume de Zoe Kazan dresse avec douceur, originalité et humour la recherche de l'âme soeur, de cette moitié tant espérée et surtout de la relation amoureuse et des difficultés à apprécier l'autre. La larme au coin de l'oeil est prête à couler.

Ernest et Célestine de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier

Le meilleur film d'animation de l'année encourage chacun à aimer librement qui il veut, sans se soucier des normes et des préjugés. Et en plus c'est plein d'ironie et de morgue, appelant les plus jeunes à résister à l'autorité lorsqu'elle n'est pas justifiée. Un petit bijou, doublé d'un
pur régal.

Faust d'Alexandre Sokourov

Parce que la mise en scène éblouit par sa grandeur. Sokourov distord ses cadres et laisse exploser son talent dans ce long-métrage qui en met définitivement plein la vue, quand bien même on peut être laissé de côté par l'histoire.

Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab

Trois femmes qui se battent contre le harcèlement sexuel dans un pays ou on considère que s'il n'y a pas viol, il n'y a pas crime. Une véritable claque, un réveil sur les situations que peuvent rencontrer les femmes dans certains pays. Plus que du cinéma c'est un appel au secours porté par des acteurs plus talentueux les uns que les autres. Un film trop ignoré par le public et qui gagne à être vu.

Into the Abyss de Werner Herzog

Pour la pertinence du regard d'un vieux maître, aussi roublard que sincère, sur la déchéance d'une société étatsunienne  incapable d'endiguer la misère coutumière et la violence gratuite. Le propos, métaphysique, fait froid dans le dos. La récente tuerie aux States, Connecticut, sonne comme un rappel. Ce documentaire est indispensable. Implacable.

Killer Joe de William Friedkin

Pour le retour du réal de L'exorciste. Morale en branle, personnages borderline, Amérique décadente, violente, crue, parcourue par le souffle de l'écoeurement. Nihiliste en diable, imparfait mais généreux. Et puis il y a l'incroyable performance de Matthew McConaughey. Qui l'eut cru?
Démoniaque.

Main dans la main de Valérie Donzelli

Un film émouvant et gracieux à la mise en scène presque théâtrale. Valérie Lemercier et Jérémie Elkaim forme un duo magique et nous transportent dans cet univers synchrone de leur coup de foudre. De très belles musiques, et un joli clin d’œil à Pina Bausch sur la musique The Man I Love chantée par Sophie Tucker.

Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau

Entre tension dramatique intérieure et allure légère assumée, le film touche autant le coeur que la tête. Admirablement interprété par Fellag, ce conte dramatique est réalisé sans scènes inutiles et avec une véritable fluidité. Ce récit entre allégorie et réalité, épuré, est avant tout une déclaration d'amour à la (sur)vie.

Oslo, 31 août de Joachim Trier

Rarement le spleen (implacable) et le mal-être auront aussi bien été filmés au cinéma. L'errance du personnage principal dans la capitale norvégienne est d'une sobriété radicale et d'une mélancolie communicative. Joachim Trier filme l'inexorable sens de la vie avec une lucidité de tous les instants. Il capte avec finesse la réalité d'un monde vain dans lequel son héros est incapable de trouver sa place. Aucun artifice ne vient flétrir cette pépite du nord dont les 20 premières minutes sont juste éblouissantes de justesse. Bouleversant.

Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé

Film doublement intéressant quand on le compare avec Amour de Michael Haneke dont l'approche est totalement différente. Quelques heures de printemps est doux, plus France moyenne que bourgeoisie déchue, plus sensible et finalement, il touche au même endroit du coeur, sans effets et avec une facilité déconcertante. Il émeut avec une tendresse rare.

Rengaine de Rachid Djaïdini

Grâce à des personnages dépeints avec justesse, des dialogues précis et percutants, un rythme bien maîtrisé, Djaïdani insuffle une bouffée d'oxygène au cinéma français. Le sentiment de liberté qui s'en dégage fait respirer un grand coup. Il brise les silences et transgresse les tabous, avec pudeur et imagination. Sous tension, jusqu'au bout.

Saya Zamouraï d'Hitochi Matsumoto

Loin d'être parfait, certes. Les premières minutes bizarres et les dernières minutes mièvres se font oublier après l’heureuse surprise de l’ensemble. Ce qui est loufoque devient burlesque, ce qui est absurde devient formidable. C’est une curiosité japonaise avec une dimension universelle, le film est rythmé et inventif au point de devenir génial presque malgré lui, une réussite.

Sinister de Scott Derrickson

Une histoire sans fin qui arrive à s’affranchir des clichés du genre. Il réussi ainsi à surprendre le public dans sa manière de faire peur et de créer de l’angoisse. Une histoire qui montre le Super 8 et ses fantômes.

Le Sommeil d'or de Davy Chou

Le sommeil d’or est une véritable réussite dans le genre documentaire. Il devait exister. Il fallait le réaliser. Il évoque un fantôme, le cinéma cambodgien. Dans un pays où la télévision a envahit tous les espaces, où le 7e art a disparu sous les cadavres d'un génocide sans nom, quelques rares survivants témoignent d'un âge d'or révolu, enseveli. La magie du cinéma ressuscite quelques images.

Take Shelter de Jeff Nichols

Ce thriller paranoïaque a créé le climat le plus anxiogène de 2012, amenant le spectateur à douter  de tout, et surtout de ses sens. On avait pas tremblé au cinéma depuis au moins trois ans et le climax colossal approche de la perfection en plus de nous mettre une grosse claque. Jeff Nichols explore si brillamment la zone d'ombre entre folie et cauchemar que l'on ne sait plus ce qui serait le pire : que le personne ait raison, ou qu'il soit fou. Michael Shannon confirme son talent pour les rôles extrêmes et habités. Un film dense et fort sur la peur de l'homme face à un avenir incertain.

Two Days in New York de Julie Delpy

Delpy flirte avec les comédies loufoques et narcissiques de Woody Allen. Elle insuffle un ton qui lui est propre. Un mix entre la comédie américaine, puisqu’elle vit sur ce continent, et sa culture française. Cette confrontation entre les deux mondes créé une série de gags et de répliques qui rendent l’ensemble léger. Voire hilarant.

Tyrannosaur de Paddy Considine

Ce drame sera une référence pour comprendre comment raconter la vie de personnages. La mise en scène est subtile, le décor est authentique, l’histoire est un drame éprouvant.  Mais la manière de dévoiler la part d’ombre des personnages, de nouer des relations complexes entre eux, cette complexité psychologique et cette complicité entre les deux acteurs, dévoués à un réalisateur inspiré, font qu'il se dégage une puissance émotionnelle folle.

Une bouteille à la mer de Thierry Binisti

La Palestine aujourd'hui et Israël aussi. Le scénario est joliment écrit, les scènes sont courtes et vives. Ce portrait d’un pays fracturé se dessine par petites touches et le film n’évacue pas ses souffrances : torture, guerre, attentat… Il reste lumineux, notamment grâce à l'irrésistible duo de jeunes acteurs Agathe Bonitzer et Mahmoud Shalaby .

Week-end d'Andrew Haigh

La rencontre amoureuse au coeur du film reste l'une des plus belles de l'année. Avec simplicité et fluidité, Andrew Haigh propose une alternative intelligente et fine à la comédie romantique traditionnelle. La manière opposée qu'à chaque personnage de vivre et revendiquer son homosexualité dresse un portrait tout en nuances de ce qu'est être homosexuel dans l'Angleterre d'aujourd'hui.

Woody Allen : a documentary de Robert B. Weide

Robert Weide nous invite à revisiter la carrière de Woody Allen tout en entrant dans son intimité par le biais de témoignages et d'interviews inédites. Le spectateur néophyte est forcément par l'immense intelligence qui se dégage de l'œuvre d'Allen. Le spectateur avisé reprochera peut-être une certaine superficialité. Mais le documentaire permet de découvrir le cinéaste sous un autre angle, à travers ses multiples facettes. Et nous le faire aimer encore davantage.

Bilan 2012 : l’abécédaire des « winners »

Posté par redaction, le 30 décembre 2012

Anderson Wes pas Paul Thomas. Son Moonrise Kingdom a enchanté Cannes. Il a aussi connu son plus beau succès depuis La Famille Tenenbaum, sans renier son style.

Ben Affleck, ex-star, acteur moyennement convaincant, il est devenu un grand réalisateur avec Argo, beau succès, probablement nominé aux Oscars.

Channing Tatum. trois fois n°1 au Box office américain, il nous a surtout épatés dans Magic Mike, succès inattendu, inspiré de sa propre vie..

Disney. L'Empire contre-attaque. Marvel triomphe dans le monde, Pixar domine l'animation et avec le rachat de Lucasfilms, Star Wars va renaître.

Exception culturelle peut-être pas, mais exception économique certainement : les Entrées ont augmenté aux USA. Et en France, elles se maintiennent à un niveau très haut.

Festival de Cannes. Comme tous les ans, une grande partie des films les plus passionnants et intéressants étaient sur la Croisette. Cannes continue d'être le plus grand festival du monde.

Gangnam Style. 1 071 570 855 de visionnage sur le web. Sans doute le court métrage le plus vu de l'histoire. Forcément ça occulte le Lion d'or de Kim Ki-duk, premier cinéaste coréen à recevoir une si grande récompense dans un grand Festival.

Haneke a récolté sa deuxième Palme d'or avec Amour.  Trintignant et Riva, piliers de cet Amour, méritent autant l'accolade. On aurait aimé voir Holy Motors au palmarès, après avoir conquis les critiques du monde entier.

Intouchables avait démarré l'année avec un triomphe en France. Il la termine avec le premier César pour un acteur noir et un carton international (430 millions de $ de recettes!).

Jennifer Lawrence est la nouvelle coqueluche américaine après le succès d'Hunger Games. Elle est aussi pressentie pour une nomination aux Oscars pour Happiness Therapy.

Ken Loach n'a pas seulement fait rire avec La part des anges, prix du meilleur scénario à Cannes. Honoré au Festival Lumières, cet éternel révolté continue d'hurler face aux injustices.

Lincoln : avant même sa sortie en France, Spielberg revient au premier plan avec un drame historique qui remplit les salles aux USA et enthousiaste les critiques.

Matthias Schoenaerts, l'acteur Belge de l'année. Charismatique et saisissant dans Bullhead, il a charmé et acquis un nouveau statut avec de rouille et d'os d'Audiard.

Nolan est désormais une marque. The Dark Knight Rises a remplit les objectifs de la trilogie Batman, reléguant celle de Burton au grenier des films désuets. On attendant désormais son Superman, qu'il produit.

Oldman, Gary. Inspecteur dans TDKR mais surtout enquêteur un peu spécial dans La Taupe. On redécouvre quel immense comédien il peut être.

Patrimoine. Jamais autant d'argent n'avait été investit dans la numérisation et la restauration, jusqu'à créer le premier Festival dédié à ces vieux films qu'on redécouvre comme neufs, à La Cinémathèque française.

Q. Si l'on devait garder une seule scène de cul cette année, ce serait laquelle? Il est loin le temps d'Emmanuelle...

Robert Downey Jr s'envole toujours plus haut. Après le carton de la suite de Sherlock Holmes, il rayonne et impose sa présence dans le plus gros succès de l'année, Avengers.

Skyfall : le James Bond le plus populaire de l'histoire en France... des recettes astronomiques, un scénario et une mise en scène qui en font le blockbuster de l'année dans le genre. Et Sony qui se frotte les mains en finissant l'année comme leader hollywoodien.

Take Shelter ou la naissance d'un cinéaste, Jeff Nichols. Le film, remarqué à Cannes en 2011, est déjà culte. Le suivant, Mud, présenté à Cannes cette année, a été l'un des chouchous des critiques.

Umizaru 4 : Brave Hearts est le film le plus vu de l'année au Japon. Franchise avec des garde-côtes , adaptée d'un célèbre manga, le film a rapporté 91 millions de $, deux fois le score d'Avengers.

Vinterberg qui revient de loin mais a su trouver le bon filon avec La Chasse, et surtout le bon acteur avec l'impeccable Mads Mikkelsen, prix d'interprétation à Cannes.

Weinstein a ramassé la mise avec The Artist, Oscar du meilleur film, et son plus gros hit de l'année. Avec deux films à Cannes, un à Venise (trois fois primé), le prix du public à Toronto et Intouchables, le producteur/distributeur montre qu'il a encore du flair et du savoir faire.

Xavier Dolan a su encore créer l'événement avec Laurence Anyways. Queer Palm sur la Croisette, son épopée ambitieuse et troublante a dérouté et séduit. Sa polémique de ne pas être en compétition à Cannes l'a desservi.

Génération Y. Tant vantée, tant promue, on l'attend toujours sur le grand écran...

Benh Zeitlin a frappé fort avec son premier film, Les bêtes du sud sauvage. Grand prix à Sundance, Camré d'or à Cannes et joli jackpot du côté des critiques.

Bilan 2012 : les vainqueurs de l’année

Posté par redaction, le 30 décembre 2012

Palmarès :

Ours d'or : César doit mourir (Italie) des Frères Taviani

Palme d'Or : Amour (France/Autriche) de Michael Haneke

Lion d'or : Pietà (Corée du Sud) de Kim Ki-duk

Léopard d'or : La fille de nulle part (France) de Jean-Claude Brisseau

Prix du public à Toronto : Happiness Therapy (USA) de David O'Russell

Grand prix de Sundance : Les bêtes du sud sauvage (USA) de Benh Zeitlin

Box office :

Box office mondial : Avengers (1,51 milliards de $)

Box office nord américain : Avengers (623 millions de $)

Box office français : Skyfall (6,7 millions d'entrées, soit 57 millions de $)

Box office britannique : Skyfall (158 millions de $)

Box office allemand : Intouchables (79 millions de $)

Box office chinois : Painted Skin : The Ressurection (115 millions de $)

Box office japonais : Umizaru 4 (91 millions de $)

Film action/aventure : Avengers

Film comédie : Ted

Film indépendant : Indian Palace

Film animation : L'Age de glace 4 : la dérive des continents

Film horreur : Resident Evil : Retribution

Film fantasy/SF : Twilight - chapitre 5 : Révélation, 2ème partie

Film drame : L'Odyssée de Pi

Film historique : Argo

Film documentaire : Katy Perry: Part of Me

Remake : The Amazing Spider-Man

Sequel : The Dark Knight Rises

Film non anglophone : Intouchables

Cannes 2013 : premières hypothèses…

Posté par vincy, le 29 décembre 2012

C’est un peu tôt pour  affiner un portrait précis de ce qui pourrait être la Sélection. Pour l’instant certains films sont en tournage, d’autres en montage, les sélectionneurs parcourent le monde… Il y aura aussi le rendez-vous de Sundance, indispensable réservoir pour un Certain regard et puis les films qui seront finalement sélectionnés par le Festival de Berlin. On sait déjà que ni Almodovar, ni Kar-wai, ni Van Sant, ni Jaoui, ni Cianfrance ne seront sur la Croisette. On peut émettre une interrogation sur le Gondry, prévu dans les salles fin avril. En attendant, certains sont bien pressentis pour aller au Festival, dans une sélection ou une autre. En cas de recalage, ils seront sans doute à Venise. Jeu de chaises musicales annuel.

Dans un premier temps, si tout va bien dans les prochains jours, Cannes annoncera le nom du prochain Président du jury. De nombreux grands cinéastes ne l’ont jamais été : les Dardenne, Spielberg, Almodovar, … On peut aussi imaginer certaines grandes stars, de Julia Roberts à Jodie Foster en passant par Meryl Streep. Ou un artiste français. Chaque chose en son temps. Même si notre choix se porterait volontiers sur une femme cette année…

France

Côté films français, Arnaud Desplechin a ses chances, avec Portrait de Jimmy P., premier film américain du cinéaste, avec Benicio Del Toro et Mathieu Amalric. Cette adaptation du livre de George Devereux, pionnier de l’ethno-psychanalyse, raconte l’histoire vraie et assez incroyable d’un psy er d’un Indien.

Mais, puisque les femmes ont été les grandes absentes de 2012, et que cela a fait du bruit, on va également rêver aux présences de Pascale Ferran avec Bird People, son premier film depuis Lady Chatterley il y a 8 ans. Le film se déroule dans un aéroport, où se croise Anaïs Demoustiers et Josh Charles. Claire Denis pourrait aussi faire son grand retour. Depuis Chocolat, elle n’a jamais été en compétition. Les Salauds, avec Vincent Lindon et Chaira Mastroianni, déjà le couple du film Augustine, a, sur le papier, de quoi réparer ce manque. Catherine Breillat, enfin, avec un duo détonnant composé d’Isabelle Huppert et de Kool Shen (le complice de Joey Starr dans le groupe NTM), fait partie des candidates éventuelles de l’une des sélections. D’autres femmes seront certainement dans l’une des sections en mai : Valeria Bruni Tedeschi, Katel Quilleveré, Léa Fazer, Rebecca Zlotowski, Marina De Van…

On peut également imaginer à Un certain regard la présence de Riad Sattouf, révélé à la Quinzaine avec Les beaux gosses. Jacky au royaume des filles, avec Vincent Lacoste, Noemie Lvovsky et Charlotte Gainsbourg, est l’histoire barrée d’un pays dirigé par des femmes uniquement. Et si le dessinateur de BD n’adapte pas un album avec ce film, à l’inverse, Abdellatif Kechiche, pour la première fois, a transposé un album, Le bleu est une couleur chaude, prix du public à Angoulême. Kechiche, qui sort du fiasco de Vénus Noire, se frotte au lesbiannisme avec une Léa Seydoux transformée.

USA

Côté films américains, on peut croire que James Gray fera de nouveau le voyage. Hormis avec The Yards, il n’a que des bons souvenirs de ses passages sur la Croisette. Low Life aura en plus l’immense avantage d’avoir Marion Cotillard (pour la deuxième année consécutive), Jeremy Renner et Joaquin Phoenix, récemment primé à Venise. Gray change d’époque (les années 20) mais pas de sujets : les castes new yorkaises, le rêve qui tourne en cauchemar…

Parmi les habitués, on peut deviner que Jim Jarmusch et son histoire de vampires, Only Lovers left alive, avec Tilda Swinton, trouvera sa place dans le programme. Tout comme Sofia Coppola et The Bling Ring, avec la brune Emma « Hermionne » Watson, qui suit un gang de cambrioleuses de villas de stars. Un fait divers réel où s’entrechoquent les thématiques de la cinéaste : des adolescentes paumées, l’ennui et la richesse matérielle.

On peut aussi se dire que le cinéaste du remarqué Margin Call, J.C. Chandor, avec son deuxième film, All is Lost pourrait intéresser les sélectionneurs pour deux raisons : la présence de Robert Redford, et le fait qu’il n’y ait que Robert Redford au générique.

Autre film plus qu’attendu, Only Gods Forgives, de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling (et Kristin Scott-Thomas). Le duo de Drive (Gosling n’était cependant pas le premier choix du réalisateur qui voulait engager Luke Evans) a migré à Bangkok pour un film d’action, de came et de coups, de boxe et de vengeance.

Ailleurs

Autre Danois, Lars Von Trier. Son Nymphomaniac porno-délire, avec un casting cosmopolite allant de Charlotte Gainsbourg à Shia LaBeouf, aurait même pu être dans les films certains d’être en Compétition, avec scandale éventuel à la clef. Mais la polémique qui entoura ses propos en 2011 en pleine conférence de presse de Melancholia, suivi de son bannissement du Festival, peuvent brider les ardeurs de chacun. Von Trier ne cache cependant pas qu’il est de moins en moins capable de se sortir de chez lui. Le film, sans le réalisateur ?

D’Europe, on peut aussi miser sur Terence Davies et son Sunset Song, adaptation d’un classique de la littérature écossaise, avec Peter Mullan en vedette. Mais Venise lui fait également les yeux doux. Steve McQueen après un détour sur la lagune italienne avec Shame pourrait revenir là où tout a commencé, sur la Riviera française. Twelve years a Slave, tourné en Louisiane, nous immergera dans le vieux Sud du XIXe siècle avec un duo d’acteurs qui va exciter tout le monde : Brad Pitt et Michael Fassbender.

D’Asie et d’ailleurs il y aura certainement des surprises. On peut compter sur Hou Hsio Hsien pour jouer les Wong Kar Wai avec The Assassin, film de kung-fu en tournage depuis deux ans… De même on ignore si Ari Folman (Valse avec Bashir) sera prêt à temps de son adaptation du roman de SF culte Le Congrès de futurologie, The Congress, qui mêle animation et prises de vues réelles.

Une chose est sûre, Asghar Farhadi sera prêt pour Cannes. Et cette fois-ci le Festival, qui était passé à côté d’Une séparation, compte bien sélectionné Le passé, thriller social parisien, avec Tahar Rahim et Berenice Bejo.

Hors compétition, Woody Allen pourrait être de retour. Mad Max pourrait faire du bruit. A moins que le sud-africain Neil Blomkamp (District 9) n’achève dans les temps son Elysium. Jia Zangke aura peut-être terminé son épopée en costumes, produite par Johnnie To. Rêvons en espérant d’un des deux films du Studio Ghibli prêts à sortir en été au Japon. L’animation pourrait aussi changer de camps : ni Disney ni DreamWorks mais la Fox avec Epic, le nouveau Chris Wedge.

Et l’ouverture ? On la donnerait assez logiquement à Baz Luhrmann (qui l’a déjà faîte avec Moulin Rouge) puisque son tridimensionnel Gatsby le Magnifique (DiCaprio et Maguire sur les marches ça aurait de la gueule) sort le 15 mai en France. C’est glam, prestigieux, sans conséquences. Bref une ouverture festive et un hommage à un monument de la littérature.

De même la clôture pourrait aller au français Olivier Dahan. Là aussi il y a du glamour, de la star et en bonus un clin d’œil à la Côte d’Azur et à une star qui a fait les beaux jours du Festival. Grace of Monaco, avec Kidman dans le rôle titre, serait évidemment idéal.

2013 : 13 événements que l’on attend…

Posté par vincy, le 29 décembre 2012

Ils changent de registre. Ou reviennent, après une longue absence, à leurs origines. Ils excitent nos désirs cinéphiles. Ou prennent des risques. 12 films ou/et stars, et un Festival sont déjà inscrits à notre agenda parce qu'ils stimulent notre curiosité. De quoi voir venir 2013 avec le sourire. En espérant du plaisir.

Wong Kar-wai. Trois ans de retard et quelques semaines. Le perfectionnisme du Maître de Hong Kong a atteint des niveaux qu'on croyait indépassables. 6 ans après My Blueberry Nights, Il retrouve son acteur fétiche Tony Leung. Zhang Ziyi revient également dans un rôle qui rappellera celui de Tigre et Dragon qui la révéla.

WKW revient avec un film où les Arts martiaux prennent le pas sur le mélo. Changement de genre pour l'esthète. Le cinéaste présentera The Grandmasters en ouverture à Berlin, où il présidera le jury.

Le film sortira le 17 avril en France.

Ryan Gosling. Culte, vénéré, adulé, bandant. Il est incontestablement l'acteur dont on attend le plus les trois films dans lesquels il va jouer.

The Place Beyond the Pines, prévu en mars (sûrement à Berlin pour l'avant-première) de Derek Cianfrance (Blue Valentine) ; The Gangster Squad, au milieu d'un casting 4 étoiles, blockbuster hivernal ; et Only God Survives, où il retrouve le cinéaste de Drive, Nicolas Winding Refn.

On le verra donc tour à tour papa poule cascadeur et braqueur, flic intègre des années 30 et boxeur trafiquant de drogue à Bangkok. En moto, avec un flingue ou avec ses poings, Gosling a décidé de parvenir à ses fins par tous les moyens.

Pedro Almodovar. Il boudera Cannes cette année. En pleine crise économique et culturelle en Espagne, il a décidé de sortir une comédie légère et délurée, gay-friendly et "planante".

A bord d'un avion en folie, Les amants passagers sera une histoire de "famille" avec les retours de Cecilia Roth, Javier Camera, Penelope Cruz, Antonio Banderas, Paz Vega et Lola Duenas. Ce sera sa première comédie (hystérique) depuis Attache-moi en 1989. Un véritable retour aux sources, ou une envie de ne pas se répéter.

Comme s'il voulait hisser les couleurs arc-en-ciel dans un monde si grisâtre, voire un peu orageux...

L'Ecume des jours. Boris Vian. Michel Gondry. Un roman culte et un cinéaste qui ne cesse de surprendre. C'est sans doute le pari le plus insensé de l'année.

Prévu pour sortir avant Cannes, fin avril, on imagine mal, s'il est réussit, ne pas voir sa sortie décalée. Romain Duris, Audrey Tautou (le couple sera aussi à l'affiche du nouveau Klapisch), Omar Sy et Gad Elmaleh auront la responsabilité d'incarner à la fois la poésie, la mélancolie et le romantisme dans un film où les objets et inventions ont autant d'importance que les êtres.

Ce drame fantaisiste sera aussi la première fiction française depuis 7 ans.

Promised Land. C'est avant tout la réunion de Gus Van Sant et de Matt Damon, après Good Will Hunting et Gerry. C'était il y a une éternité. Tout comme pour Will Hunting, Van Sant a accepté de tourner un scénario coécrit par Damon.L'acteur devait passer à la réalisation avec ce film et a préféré passer la caméra à l'éclectique Gus.

C'est aussi un film engagé, écolo et politique. Après le combat d'Harvey Milk, ce sera celui d'un enseignant contre un groupe énergétique. Damon en Erin Brokovitch?

Le film fera sa première à Berlin et sortira dans la foulée en France.

Jean Dujardin à Hollywood. En février, l'Oscarisé français sera à l'affiche de Möbius, qui signera le grand retour d'Eric Rochant dans un genre qu'il avait abandonné, le thriller. Face à Cécile de France et Tim Roth, il sera pour la première fois un espion.

Mais c'est surtout de l'autre côté de l'Atlantique que nos yeux seront tournés. Martin Scorsese l'a enrôlé pour Wolf of Wall Street, où il est confronté à Leonardo DiCaprio, Jonah Hill et Matthew McConaughey.

Vers la fin de l'année, il sera aussi du casting du prochain film de George Clooney, The Monuments Men, où se côtoieront Daniel Craig, Cate Blanchett et Bill Murray. Chouchou dans les étoiles...

Stoker. Ou l'arrivée du sud-coréen Park Chan-wook aux Etats-Unis. L'invasion asiatique continue à Hollywood. Le réalisateur d'Oldboy débarque avec un thriller hitchcockien, à sa sauce.

Le casting est à la hauteur puisqu'on y verra Mia Wasikoswka, Matthew Goode et Nicole Kidman. Respectivement la fille, son oncle (mystérieux) et sa mère (instable), ils seront immergés dans un drame familial teinté d'horreur et de suspens psychologique. La manipulation, grand thème du cinéaste, sera au coeur de l'intrigue.

Le film sort en mars. Il fera son avant-première mondiale à Sundance en janvier. A noter que Spike Lee sortira le remake d'Oldboy à l'automne.

Jaoui / Bacri. Il aura fallu cinq ans pour se remettre du semi-échec d'Après la pluie. Premier faux pas dans la carrière triomphale du duo à la plume comme à l'écran. Bacri en a profité pour jouer ailleurs, Jaoui pour chanter et materner. Ils se sont remis au travail, se donnant rendez-vous dans un restaurant italien à Odéon régulièrement.

Au bout du conte est un retour au film choral pour les "Jabac". Un film sur les croyances, la foi, le doute, les incertitudes, avec, encore une fois, un sens du casting détonnant : Agathe Bonitzer, Arthur Dupont, Benjamin Biolay, Dominique Valadié, Clément Roussier.

Pas de stars mais beaucoup de curiosité. Réponse début mars.

Julia/Meryl. C'est le choc féminin de l'année. La reine de la comédie romantique et la reine des Oscars. Deux championnes du box office qui ont déjà tout obtenu (récompenses, dollars, grands films) et sont assurées de rester dans le panthéon hollywoodien. C'est un peu comme réunir les deux Hepburn.

Dans August : Osage County, de John Wells (The Company Men), adaptation d'une pièce de théâtre à succès,les deux monstres sacrés sont de la même famille dans une histoire qu'on promet hilarante, noire et émouvante. Des femmes fortes, pleines d'esprit, un peu névrosées pour un match au sommet.

Avec Weinstein en producteur, on peut imaginer les Oscars en 2014.

Marjane Satrapi. Elle fut auteure de BD reconnue. Persépolis l'a fit percer dans le cinéma (prix à Cannes, nomination aux Oscars). Poulet aux prunes a déçu mais montrait une véritable envie de cinéma. Elle revient avec un film bricolé avec un très très petit budget (même pas le prix d'un appartement), La bande des Jotas, comédie trash et saignante.

Un délire improvisé qui montre qu'on peut encore faire du cinéma juste pour le plaisir, entre potes. Satrapi ne change pas seulement de style cinématographique, en se détachant de son oeuvre BD, elle fera aussi son grand saut dans le monde de la peinture, où elle exposera ses toiles du 30 janvier au 23 mars à la galerie Jérôme de Noirmont.

Avant de partir à Hollywood pour réaliser son premier film américain...

Saving Mr Banks. Ou la résurrection de Mary Poppins. Le grand classique de Disney sera sur les planches de Mogador à Paris, sous forme de "musical", si les producteurs parviennent à trouver la perle rare qui l'incarnera. Mais c'est surtout sur le grand écran qu'elle sera attendue. Ni en 3D, ni en remake. Juste avec l'histoire vraie des tractations qui ont permis à Walt Disney d'adapter le roman de Pamela Lyndon Travers. L'écrivain australienne, revêche, exigeante, en a fait baver au roi du dessin animé. Plus de 20 ans de négociations.

Un film sur les coulisses d'un des plus grands succès populaires de l'histoire du cinéma, avec Tom Hanks et Emma Thompson dans les rôles principaux. Réalisé par John Lee Hancock, le film s'annonce comme l'un des grands événements des fêtes de fin d'année.

Jacques Demy. La Cinémathèque française va rendre un hommage qui attirera des fans du monde entier : une exposition parmi les plus attendues, tous arts confondus, de la saison. Le prince de la comédie musicale français sera à l'honneur du 10 avril au 4 août. L'occasion de redécouvrir son univers : les villes portuaires, les chassés-croisés amoureux, les couleurs flamboyantes et pastels.

Ce sera pop, nostalgique, "en-chanté", féerique...

19 films qui seront reliés les uns aux autres, 23 après la mort du cinéaste, qui inspire les plus grands, de Kar-wai à Almodovar. On y découvrira aussi pour la première fois ses travaux photographiques et ses tableaux. L'occasion aussi de revoir ses films les plus cultes, avec Deneuve, Aimée, ... et de découvrir ses plus méconnus.

Et puis il y aura Cannes. On y attend Desplechin, Gray, Refn, Dahan, Von Trier, Luhrmann, Coppola (fille), Ferran, Sattouf, Kechiche, Jarmusch, Farhadi... Forcément c'est sur la Croisette que les événements se concentreront. Un treizième mois cinématographique à lui-seul, ce Festival.

Kojak va ressusciter au cinéma grâce aux scénaristes de Skyfall

Posté par vincy, le 27 décembre 2012

Universal Pictures va ressusciter la série culte Kojak pour le grand écran. On savait que Vin Diesel avait été choisi pour reprendre le rôle inoubliablement interprété par Terry Savalas. Une version qui s'annonce musclée a première vue et qui se confirme avec la récente embauche de Neal Purvis et Robert Wade, les scénaristes de Skyfall. Purvis et Wade ont aussi scénarisé tous les James Bond depuis Le monde ne suffit pas ainsi que les comédies parodiques de l'agent britannique, Johnny English.

Kojak, gros succès cathodique qui dura 5 saisons dans les années 70, puis une saison supplémentaire au milieu des années 80, a été créé par Abby Mann, scénariste entre autres de Jugement à Nuremberg. Une saison supplémentaire dans les années 2000, avec Ving Rhames, ne permit pas de relancer le succès du détective chauve amateur de sucettes et de cigares, qui continuait de remplir les programmes TV avec ses rediffusions.

Pour l'instant, aucune date de sortie n'est prévue.

Et la star hollywoodienne la plus rentable de l’année est…

Posté par vincy, le 26 décembre 2012

Natalie Portman dans Black Swan

Le magazine Forbes a réservé quelques surprises dans son classement des stars les plus "bankables". Natalie Portman domine ainsi la liste des acteurs et actrices les plus rentables pour un studio puisqu'elle a rapporté 42,7$ pour un dollar d'investissement grâce, notamment, au succès de Black Swan.
A l'inverse, l'acteur le plus surpayé, Eddie Murphy, ne rapporte que 2,3$ pour chaque dollar misé sur lui. Il surclasse une longue liste de stars dont les films ont rapporté moins de 7 dollars par dollar investit, tous ayant plus de 40 ans, et la plupart ayant commencé leur carrière dans la comédie. Parmi ces losers, notons la présence de quatre oscarisés.

Reste que Portman est une exception. L'actrice oscarisée n'est ni à l'affiche d'un blockbuster ou ni la vedette d'une franchise. C'est avec un film indépendant, à petit budget, qu'elle a pu briller.

Et le suivant est aussi une femme. Hollywood, souvent accusé de ne pas valoriser ses comédiennes en leur donnant peu de premiers rôles, devrait méditer sur son modèle économique. Derrière Portman, Kristen Stewart, star de Twilight mais aussi de Blanche Neige et le chasseur, a rapporté 40,6$ pour un dollar d'investi.

Place aux jeunes

En revanche, le classement montre qu'il ne fait pas bon d'avoir plus de 35 ans... 5 jeunes dominent le classement du magazine. Hormis Portman, aucun n'a commencé sa carrière avant les années 2000. Portman championne cette année, Stewart l'an dernier et Shia LaBeouf en 2009 et 2010 : le trio de tête de 2012 montre à quel point la rentabilité de ces acteurs est constante.

La rentabilité bénéficie évidemment à des acteurs dont les revenus sont souvent plus faibles que ceux des grosses stars (Cruise, Diaz, Pitt, Jolie ...) même si le salaire n'est pas le critère : la méthodologie est simple : on prend les recettes des trois derniers films, sortis sur plus de 2000 écrans aux USA, d'un comédien sur les trois dernières années, et on calcule le ratio entre le budget du film et les recettes au box office.

Amy Adams, actrice nommée aux Oscars, plutôt sélective dans ses choix, a profité du succès des Muppets. Kevin James, comédien star de la TV, n'a pas besoin de gros hits internationaux pour que ses pitreries rapportent sur le grand écran. Bradley Cooper (Very Bad Trip et sa suite) et Dwayne Johnson (Voyage au centre de la terre 2) sont les premiers rôles de films aux budgets moyens...

Un classement imparfait

Cependant le classement de Forbes est assez critiquable, même s'il reste une indication intéressante. D'une part, Hollywood ne compte plus sur les seules recettes nord-américaines pour faire sa liste de stars "bankables" : les recettes internationales comptent souvent plus (certains films rapportant même 70% de leurs revenus à l'extérieur des USA). De même, il faudrait comptabiliser les recettes vidéo et vidéo à la demande. D'autre part, il faudrait prendre en compte le pourcentage sur les recettes octroyé à ces mêmes stars (souvent pour compenser des cachets plus faibles qui permettent de plafonner le budget de production) puisque c'est autant de profits en moins pour le studio.

Enfin, rappelons que rentabilité et qualité ne sont pas forcément liés. Ce n'est pas le dollar qu'une star rapporte qui fera venir un spectateur dans une salle. Et heureusement...

Les 10 stars les plus rentables :

1. Natalie Portman
2. Kristen Stewart
3. Shia LaBeouf
4. Robert Pattinson
5. Daniel Radcliffe
6. Taylor Lautner
7. Bradley Cooper
8. Dwayne Johnson
9. Amy Adams
10. Kevin James

Les 10 stars les moins rentables :

1. Eddie Murphy
2. Katherine Heigl
3. Reese Witherspoon
4. Sandra Bullock
5. Jack Black
6. Nicolas Cage
7. Adam Sandler
8. Denzel Washington
9. Ben Stiller
10. Sarah Jessica Parker

Le Jour le plus Court : un succès populaire confirmé

Posté par vincy, le 25 décembre 2012

La deuxième édition du Jour le plus Court, la fête annuelle du court métrage initiée par le CNC, a séduit environ 2,5 millions de participants, avec plus de 10 000 événements organisés. Au total plus de 40 pays (de Cuba au Canada, de la Chine à l'Argentine, des Etats-Unis à l'Arménie) ont accueillit une manifestation célébrant le format court, que ce soit sur des écrans de cinéma ou de télévision, dans des gares, des écoles (plus de 1000) et universités, des bars, des maisons de retraites, des bibliothèques, des musées, des arrêts de bus ou sur Internet : 1 900 organisateurs se sont mobilisés.

La soirée de lancement, jeudi soir au Palais de Tokyo, réunissait partenaires, institutions, parrains et marraines (notamment Julie Gayet, ??Aïssa Maiga, Agnès Varda...), autour d'un buffet sans champagne, dans une ambiance festive (le dance floor a chauffé). Une heureuse initiative dans un calendrier qui manque d'événements de ce genre entre les congrès professionnels d'octobre et les différentes remises de prix de l'hiver.

Le Jour le plus Court va devoir encore grandir pour s'imposer définitivement dans le paysage, à l'instar de la Fête de la musique le 21 juin. Le CNC externalisera sans doute l'organisation de cette manifestation, à plus ou moins court terme.

Le président du CNC, Eric Garandeau, a signé une tribune dans Le Plus du Nouvel Obs, rappelant que le court métrage offre "la possibilité aux jeunes de s’initier au cinéma, comme spectateurs et comme créateurs".

"L’an passé, près de deux millions de personnes se sont réunies pour cette première fête. C’était déjà la preuve que le court-métrage n’est pas un art élitiste, qu’il occupe un espace central dans la création, dans le cœur du public, et dans nos vies modernes" souligne-t-il en espérant que le format soit diffusé tout au long de l'année sur toutes formes d'écrans.

Cette tribune lance ainsi "un appel collectif à soutenir la "fraternité du court" qui se manifeste en ce 21 décembre."

"Derrière l’écran du court, c’est tout un éco-système de la création qui se trouve réuni, reflétant combien l’art est d’abord un artisanat, une industrie humaine, qui a pour vocation le partage" explique M. Garandeau qui, avec les institutions partenaires, souhaite "qu’au-delà de ce grand rendez-vous annuel, sa force d’inspiration ne cesse de se transmettre à tous, pour inspirer autant la curiosité du public que son envie de créer."

En 2010, 466 courts métrages ont été produits en France. Et 1 098 courts métrages ont été diffusés en salles.

Le Studio Ghibli prépare le grand retour d’Isao Takahata

Posté par vincy, le 24 décembre 2012

Isao Takahata, 77 ans, va sortir l'été prochain son nouveau long-métrage animé : Kaguya hime no monogatari (L'histoire de la princesse Kaguya). C'est sa première réalisation depuis Mes voisins les Yamada, en 1999.

Pour le Studio Ghibli, 2013 sera donc une année faste. Pour la première fois depuis 1988, Hayao Miyazaki et Isao Takahata sortiront un film la même année puisque le premier sera à l'affiche cet été avec Kaze Tachinu (Le vent s'est levé). A l'époque Mon voisin Totoro se confrontait au Tombeau des lucioles. Takahata est avec Miyazaki le cofondateur du Studio. Directeur musical, producteur, scénariste, il a souvent collaboré aux oeuvres de son associé.

Révélé en 1968 avec Horus, prince du Soleil, Isao Takahata a également réalisé des films comme Kié la petite peste et Pompoko. Le cinéaste avoue être influencé par le néoréalisme italien, la nouvelle vague française, la poésie de Jacques Prévert et admire les dessins animés de Michel Ocelot, dont il a assuré les traductions japonaises. Takahata avait révélé qu'il travaillait à ce film lors du 62e Festival du Film de Locarno, alors qu'il participait à une conférence avec le créateur de Kirikou.

Son nouveau film est l'adaptation d'un conte très populaire nippon du Xe siècle, Le conte de la Princesse Kaguya, plus connu sous le nom du Conte du coupeur de bambou. Il a déjà été transposé au cinéma (par Kon Ichikawa en 1987), en ballet, en pièce de théâtre... L'histoire est celle d'un bébé découvert dans une forêt de bambous et élevé par un coupeur de bambous. En grandissant, elle devient une magnifique femme et s'aperçoit qu’elle est l’héritière du royaume de la lune. Le conte est le premier de toute l'histoire de l'humanité à faire le lien entre la Terre et la Lune.

Un cadeau de dernière minute ? La carte CinéFnac permet d’offrir 5 places de cinéma

Posté par vincy, le 23 décembre 2012

carte cinéfnacLa Fnac, qui cherche à se diversifier par tous les moyens (espace téléphonie, jouets, t même électro-ménager) avant son éventuelle entrée en bourse en 2013, et CinéChèque ont annoncé le lancement d'une carte de cinéma à l'occasion des fêtes.

CinéFnac, vendue dans les magasins Fnac, donnera l’accès à 1 300 salles de cinéma affiliées, dans près de 1 000 villes françaises, principalement indépendantes, comme Le Grand Rex ou le nouveau Etoile Lilas à Paris, ou des réseaux comme Megarama ou Cap Cinéma.

Elle est vendue au tarif de 37,5 euros. Un cadeau qui comprend donc 5 places de cinéma pour un utilisateur de votre choix, puisqu'elle n'est pas nominative. Un cadeau de Noël disponible également en version électronique facilitant les pré-commande de billets.

Le CinéChèque est sans valeur affichée et est accepté directement aux caisses des cinémas à toutes les séances. Par ailleurs, les bénéficiaires qui le souhaitent peuvent échanger leur CinéChèque contre des codes VOD. Ce système était jusque là essentiellement proposé aux comités d'entreprise et aux grandes sociétés. Avec la Fnac, c'est une ouverture vers le grand public qui est amorcée.