2010 mai 21 » Le Blog d'Ecran Noir

Cannes 2010 : Philibert, parodie de film de cape et d’épée

Posté par vincy, le 21 mai 2010

Les producteurs de Mandarin Cinéma nous avait régalé avec les parodies de films d'espionnage grâce à l'anti-héros OSS 117. Les voici lancés à l'assaut de la parodie de film de cape et d'épée avec leur nouveau projet, Philibert. "De la comédie de détournement." Le scénario est signé Jean-François Halin (OSS 117) et Karine Angeli (Brice de Nice). On y retrouvera Jérémie Rénier dans le rôle titre mais aussi Alexandre Astier (le méchant) et Manu Payet (le servant).  Le budget reste humble (12 millions d'euros). Il sera tourné par Sylvain Fusée (l'émission Groland), dont ce sera le premier long métrage, cet été pour une sortie prévue en avril 2011.

Cannes 2010 : les prix de la Cinéfondation

Posté par vincy, le 21 mai 2010

La Cinéfondation est l'atelier du cinéma de demain. Atom Egoyan Président du jury, a pu constater que le cinéma avait de l'avenir. Il a déclaré lors de la remise de prix ce vendredi : "Le jury (Egoyan, les réalisateurs Carlos Diegues, Marc Recha, et les actrices Emmanuelle Devos et Dinara Droukarova, NDR) a été très impressionné par la qualité de la sélection, et en particulier par l’excellence du travail de direction d’acteurs. Tous ces films s’efforcent d’atteler par des moyens uniques une vision cinématographique à des interprétations d’une finesse souvent mémorable."

Parmi la sélection de 13 films, le jury en a distingué quatre dans son Palmarès :

1er prix : Taulukauppiaat (The Painting Sellers) de Juho Kuosmanen (Finlande)

Ce film d'une heure raconte l'histoire de trois personnes liant amitié sur la route à la veille de Noël, alors que les soucis ne manquent pas.

2e prix : Coucou-les-nuages de Vincent Cardona (France)

En 38 minutes, on suit l'histoire de Frida, amoureuse de Hans, lui-même obsédé par son rêve de partir dans l'espace.

3e prix ex-aequo : Hinkerort Zorasune (The Fifth Column) de Vatche Boulghourjian (USA) et Ja Vec Jesam Sve Ono Ston Zelim Da Imam (I already am everything I want to have) de Dane Komljen (Serbie)

Cette année, quatre cinéastes venus de la Cinéfondation était sur la Croisette : Kornél Mundruczó (Tender Son - The Frankenstein Project, en Compétition), Ágnes Kocsis (Pál Adrienn à Un Certain Regard), Alicia Duffy (All Good Children à la Quinzaine des Réalisateurs) et Gonzalo Tobal (Cynthia todavia tiene las llaves à la Semaine de la Critique).

Cannes 2010 : Xavier Dolan enchaîne les projets

Posté par vincy, le 21 mai 2010

Il a fait mouche l'an dernier avec J'ai tué ma mère à la Quinzaine des réalisateurs. Il est revenu à Cannes cette année, avec succès, grâce à ses Amours imaginaires, présenté à Un certain regard. Xavier Dolan a déjà annoncé plusieurs projet,s qui vise évidemment la compétition du Festival de Cannes 2011 ou 2012.

Lawrence anyways sera l'histoire d'un homme qui veut changer de sexe et de son histoire d'amour impossible avec sa fiancée, qu'il essaie de convaincre pour le soutenir. Louis Garrel (que l'on entraperçoit à la fin des Amours imaginaires)  et Suzanne Clément formeront le couple.

Puis devrait suivre Lettres à un jeune acteur. "Ce sera un regard incisif sur le show business américain" explique-t-il. le tournage est prévu pour les mois à venir et sera filmé sous l'angle d'une "lettre" écrite à un jeune acteur britannique.

Cannes 2010 – la phrase du jour : Jamel Debbouze

Posté par vincy, le 21 mai 2010

Il fallait qu'il en sorte une en conférence de presse du Festival de Cannes après la première projection de Hors-la-Loi. Jamel Debbouze a rebondit sur l'affaire Polanski, qui traîne depuis septembre. "Dernière chose que j'aimerais déclarer à la presse entière: moi aussi je me suis fait violer par Roman Polanski quand j'avais 16 ans ! Je voudrais que tout le monde le sache. Si vous voulez les détails, voyez avec mon avocat Mouloud Debbouze."

Venise 2010 : tout ce que Cannes n’a pas eu…

Posté par vincy, le 21 mai 2010

En plus de Sofia Coppola, François Ozon, Monte Hellman, Julia Schnabel (voir actualité du 6 mai dernier) et Mani Ratnam, qui sera honoré par la même occasion, le Festival de Venise a déjà annoncé son menu haut de gamme pour sa prochaine édition. On y retrouvera le deuxième long métrage d'Al Pacino mais aussi quelques un des films les plus attendus de l'année.

- Reign of assassins, de John Woo (qui recevra un Lion d'or d'honneur)

- Shares, de Johnnie To

- The American, de Anton Corbijn

- Barney's Version, de Richard J. Lewis

Vénus noir, d'Abdel Kechiche

- Vallanzasca, de Michele Placido

- Noi credevamo, de Mario Martone

Les festivaliers cannois annonçaient déjà que la Mostra de Venise serait,  a priori, le festival le plus excitant de 2010.

Cannes 2010 : la scène hot du jour : zoophilie dans Oncle Boonmee

Posté par vincy, le 21 mai 2010

Apitchapong Weerasethakul a osé le filmer dans Oncle Boonmee, en compétition à Cannes. Une Princesse se regardant dans l'eau, telle Narcisse, y voit son beau visage de jeune fille. Elle regrette d'avoir vieilli. S'ensuit alors un dialogue surréaliste avec le maître de ces lieux (somptueux), un poisson-chat. Celui ci l'invite à venir se baigner dans la rivière, au pieds de magnifiques cascades. Lentement, elle se défait de ses bijous, de sa robe, ne gardant qu'un tissu léger pour flotter sur le dos. Elle écarte un peu les cuisses. Le poisson-chat s'y aventure et vient se glisser dans son intimité. La Princesse ne se débat pas, prend un réel plaisir et se laisse titiller le minou par cet animal entreprenant.

Cannes 2010 : Hors-la-Loi pris en étau entre le cinéma et le tabou de la guerre d’Algérie

Posté par vincy, le 21 mai 2010

1 200 manifestants selon la police ont participé à  la commémoration rendant hommage aux "victimes françaises" de la Guerre d'Algérie et des massacres de Sétif, en marge de la première projection du film de Rachid Bouchareb, Hors-la-Loi. Parmi eux, on remarquait le député-maire de la ville de Cannes, Bernard Brochand, qui a initié cette commémoration. Des anciens combattants, des représentants d'associations de Harkis et de Pieds-noirs et le Front National ont rejoint de nombreux élus de l'UMP.

Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, accuse le film, qu'il a enfin vu après avoir lancé une polémique sur la simple lecture du scénario (voir l'article sur les débuts de la polémique): c'est "un film partisan, militant, pro-FLN (...) il est encore pire que ce qui était annoncé".  "Je suis désolé que des chaînes françaises aient financé ce film, où l'armée française est comparée aux SS et où la police française est assimilée à la Gestapo".

Si le Secrétariat d'Etat aux anciens combattants n'est pas associé à l'initiative, la cérémonie de mémoire a reçu le soutien du sous-préfet, Claude Serra. "Ce sera la meilleure manière de valoriser la mémoire des victimes".

"Il a été fait pour ouvrir un débat dans la sérénité"

Bouchareb a profité de sa conférence de presse pour remettre le curseur au niveau cinématographique. "Hors la loi, c'est d'abord une grande saga". "Quand tout le monde ramène le film à Sétif, ce n'est pas la réalité. Ce film, si on peut lui donner une direction, c'est Il était une fois l'Amérique, c'est Il était une fois dans l'Ouest, c'est par moments Lawrence d'Arabie, Docteur Jivago. C'est le cinéma. Il y a une trame historique mais c'est d'abord une grande saga".  "La volonté était d'abord de faire un film, de faire un voyage dans l'Histoire et dans le passé. Tout ce qui arrive autour du sujet et du film aujourd'hui signifie qu'il y a encore aujourd'hui une question qui se pose sur le passé colonial. Et nous, on le découvre aujourd'hui avec vous".

"Le film n'est pas un champ de bataille, il n'est pas fait pour provoquer des affrontements, il a été fait pour ouvrir un débat dans la sérénité". "Chacun a sa petite histoire, ses blessures dans la grande Histoire. Alors effectivement, on filme dans Hors la loi du côté de personnages algériens. C'est mon choix, mais c'est universel. On a tous une mère, on a tous une famille, on a tous vécu l'injustice, elle n'est pas qu'algérienne, elle n'est pas que française, elle est valable pour tout le monde", a déclaré le cinéaste.

"Je n'ai pas à prendre en charge toute l'histoire, je fais du cinéma (...). Mais les politiques ont un énorme travail à faire: qu'ils le fassent maintenant, mais qu'on tourne une page définitivement et dans la sérénité".

Or, la zen attitude n'est pas de mise depuis un mois. La SACD a sympathiquement décerné le prix de la bêtise au député  Lionnel Luca, qui a répliqué avec une mauvaise foi flagrante (et un sous entendu digne des propagandes les plus nauséabondes) : "Faut-il avoir vu un film, que camoufle son auteur, pour en parler, lorsqu'on a lu le scénario avec une analyse historique et surtout les déclarations virulentes du réalisateur?".  "Que des gens qui se piquent d'appartenir au petit cercle inconnu "d'auteurs" puissent se commettre dans une pantalonnade de vaudeville en décernant un prix insultant à un élu du peuple sous prétexte que celui-ci dérange, en dit long sur le niveau et la qualité de ceux-ci...".

Symptôme du retour en force de la bonne conscience coloniale

Mais au delà de la SACD, c'est tout le corps culturel qui s'est uni contre Luca. Un texte publié sur Lemonde.fr et signé par Yasmina Adi Didier Daeninckx, François Gèze, Guy Seligmann et par les historiens Pascal Blanchard, Mohammed Harbi, Gilles Manceron, Gilbert Meynier, Gérard Noiriel, Jean-Pierre Peyroulou, Benjamin Stora et Sylvie Thénault, dénonce une campagne qui est le "symptôme du retour en force de la bonne conscience coloniale dans certains secteurs de la société française, avec la complicité des gouvernants".

"Ceux d'entre nous qui ont été invités comme historiens à voir le film ont aussi des réserves précises sur certaines de ses évocations du contexte historique de la période. Mais le travail d'un réalisateur n'est pas celui d'un historien et n'a pas à être jugé par l'Etat. Personne n'a demandé à Francis Ford Coppola de raconter dans Apocalypse Now la guerre du Vietnam avec précision historique".

Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a estimé mardi que "les débats sur le drame de la guerre d'Algérie sont sains". "On ne peut pas parler sans passion de la guerre d'Algérie. Ce n'est pas un film d'histoire, c'est une fiction. La liberté de créer doit rester complète."

Le vice-président de la région délégué à la culture Patrick Mennucci (PS) rejoint la position des artistes et du Ministre de la Culture : "Comme toute fiction, ce film est le reflet de l'interprétation de son auteur. Il relève avant tout de la liberté de création et d'expression".

Le débat a traversé la Méditerranée. La ministre algérienne de la Culture, Khalida Toumi, a estimé  qu'il "n'est pas normal qu'un membre du gouvernement français (Hubert Falco, secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants) se permette d'émettre un avis sur un film qu'il n'a jamais vu et demander l'avis du service historique du ministère de la Défense français. "

Cannes est là pour servir le cinéma et accueillir les débats qui vont avec

Si le Festival a l'habitude des passions et des polémiques, celle-ci obligeait quand même les organisateurs à des mesures exceptionnelles. Une réunion tard hier soir avec les Renseignements Généraux avait lieu pour prévoir d'éventuels débordements lors des cinq projections prévues d'ici à dimanche.

Thierry Frémeaux, chargé de la sélection du film en compétition du Festival,  a rappelé quelques principes. "Si la polémique reste à hauteur du débat d’idées, nul ne doit s’en plaindre, ni ceux qui ont produit le film, ni ceux qui s’en font les adversaires. Dans les deux cas, que la liberté d’expression s'exerce pleinement, c'est tant mieux. Mais pour l’instant, les jugements portés sur Hors-la-loi ne concernent que le scénario, pas l'oeuvre achevée. Et je salue la sagesse du ministre de la Culture qui, n’ayant pas vu le film, ne s’est pas exprimé sur le sujet."

"L’art ne se résume pas à échanger des mots d’amour, il contribue aussi à visiter la grande et les petites histoires. Cannes est là pour servir le cinéma et accueillir les débats qui vont avec". "Mais il est fréquent qu’on instrumentalise le festival. C’en est presque une tradition ! Sa notoriété est telle que cela peut se révéler efficace. Si c’est pour discuter, voire se disputer, pourquoi pas ? Pour s’affronter et s’invectiver, non".
"Nul ne laissera le festival être troublé outre-mesure par une controverse excessive. La première mission du festival est de montrer des films, de donner un instantané de la création, de se faire l’écho des metteurs en scène."

Ecran Noir, au delà du jugement sur la qualité cinématographique du film, est entièrement d'accord avec la primauté de la fiction et de la création sur la vérité historique, au nom de la liberté de création. C'est la différence avec un documentaire. C'est aux élus d'avoir une position digne, respectueuse et juste des faits historiques pour que les tabous du passés ne soient pas des traumas du présent. C'est à l'Education nationale et aux Historiens d'enseigner et d'expliquer la vérité.

Cannes 2010 : Qui est Elio Germano ?

Posté par vincy, le 21 mai 2010

elio germanoEt c'est qui ce bello ragazzo? Elio Germano. L'un des acteurs les plus connus en Italie. Ce romain de 30 ans monte les marches avec le seul film italien en compétition, La nostra vita. 18 ans après ses débuts (avec déjà un rôle principal), il profite, après une formation théâtrale solide, de l'adolescence pour percer. Et lancer son groupe de rap Bestierare.

Ettore Scola l'immerge dans un casting quatre étoiles dans Concurrence déloyale (avec Depardieu, Castellito...), film qui revient sur l'antisémitisme en Italie au temps du fascisme. Il a à peine vingt ans, joue les italiens charmeurs.  Mais c'est l'année suivante, en 2002, que le public fait vraiment sa connaissance avec le sublime Respiro (Prix de la semaine de la critique à Cannes).

Si ces autres films en Italie ne passe pas forcément les frontières, il obtient des personnages de plus en plus importants. Il abandonne progressivement les planches, sollicité par le petit comme le grand écran.

En 2004, Che ne sarà di noi, de Giovanni Veronesi, lui permet d'avoir sa première citation au César italiens, des David di Donatello. Enorme succès dans son pays, ce film douze fois nommé lors de la cérémonie annuelle, il y est un adolescent rebelle, refusant le conformisme que son père veut lui imposer.

Les films qui suivent (y compris une version du Dernier Tango à Paris) ne frappe pas les esprits. En 2005, Abel Ferrara l'utilise en second-rôle dans Mary (avec Juliette Binoche). Et la même année, il joue "la souris", l'un des membres du gang de Romanzo Criminale, qui révèle surtout Riccardo Scarmarcio, aux cotés des stars italiennes de la nouvelle génération Stefano Accorsi et Kim Rossi Stuart. Le polar est un hit international, reçoit de multiples prix.

Le public français le remarque aussi l'année suivante dans Napoléon et moi, où il incarne un jeune professeur idéaliste chargé de servir l'empereur (Daniel Auteuil) en exil.

En 2007, il fait la connaissance du réalisateur de La nostra vita, Daniele Lucchetti. Mon frère est fils unique lui fait de nouveau partager l'affiche avec Riccardo Scarmarcio. Deux frères antagonistes. Germano remporte le Donatello du meilleur acteur et se retrouve dans les cinq acteurs nommés aux European Film Awards.

Les quelques films suivants ne remportent pas tous le même succès, malgré quelques participations dans des festivals prestigieux internationaux. On le croise même dans le récent Nine. Avec cannes, c'est un peu quitte ou double. Dans ce film, entre Moretti et Loach pour ses influences, il incarne un italien col bleu et père de famille. "J'ai essayé d'avoir le même genre de regard que pour tous les personnages, sans cliché. Le prolétariat n'a pas, comme c'est souvent le cinéma, à souligner sa vulgarité ou son sens politique. Je déteste ces films qui veulent prouver quelque chose."