2010 janvier » Le Blog d'Ecran Noir

Palmarès de Sundance : Winter’s Bone et Southern District remportent deux prix

Posté par vincy, le 31 janvier 2010

sundance-grandprix.jpgSundance, clap de fin. Les films récompensés vont maintenant faire le tour du monde et des festivals : Cannes (Un certain regard, Quinzaine des réalisateurs...), Tribeca, Venise, Deauville, Locarno, Toronto...

Cette année, seuls deux films gagnent plus d'un prix et aucun ne parvient à réconcilier jury et public, qui ont chacun fait des choix différents. A l'étranger, le cinéma sud américain se taille la part du lion.

Les droits de Winter's Bone (Grand prix du jury fiction et meilleur scénario) ont été acquis lors du Festival pour être distribué aux Etats-Unis par Roadside Entertainment. A noter que les plus gros chèques des studios ont été faits pour des films absents du palmarès.

Prix du jury :

Grand prix du jury - documentaire :  Restrepo, de Sebastian Junger et Tim Hetherington. Plongée d'une rare violence dans l'enfer de la guerre, à travers la vie quotidienne d'un peloton de 15 soldats américains postés dans l'une des régions les plus dangereuses d'Afghanistan.

Grand prix du jury - fiction : Winter’s Bone, de Debra Granik. Portrait d'une adolescente qui traverse la région sauvage des montagnes d'Ozark, au coeur des Etats-Unis, pour retrouver son père, trafiquant de drogue.

Prix cinéma du monde - documentaire :  The Red Chapel (Det Røde Kapel), de Mads Bru?gger - Danemark. Un groupe de journalistes se fait passer une troupe de théâtre pour infiltrer le régime nord-coréen.

Prix cinéma du monde - fiction : Animal Kingdom, de David Micho?d - Australie. Les pas d'un adolescent aux prises avec une famille de truands à Melbourne.

Meilleur réalisateur - documentaire : Leon Gast (Smash his Camera)

Meilleur réalisateur - fiction :  Eric Mendelsohn (3 Backyards)

Meilleur réalisateur étranger - documentaire : Christian Fei - Suisse (Space Tourists)

Meilleur réalisateur étranger - fiction : Juan Carlos Valdivia - Bolivie (Southern District)

Meilleur scénario : Winter’s Bone, de Debra Granik et Anne Rosellini

Meilleur scénario étranger : Southern District, de Juan Carlos Valdivia - Bolivie

Meilleur montage - documentaire : Joan Rivers—A Piece Of Work, monté par Penelope Falk

Meilleur montage - documentaire du monde :   A Film Unfinished, monté par Joe?lle Alexis - Allemagne/Israël

Meilleure photographie - documentaire :  The Oath, image de Kirsten Johnson et Laura Poitras.

Meilleure photographie - fiction : Obselidia, image de Zak Mulligan.

Meilleure photographie - documentaire du monde :  His & Hers, image de Kate McCullough et Michael Lavelle - Irlande

Meilleure photographie -  fiction du monde :  El Hombre de al Lado (The Man Next Door), image de  Mariano Cohn et Gasto?n Duprat - Argentine

Prix spécial du jury cinéma du monde - meilleure interprétataion : Tatiana Maslany (Grown Up Movie Star) - Canada
Prix spécial du jury cinéma du monde -  documentaire : Enemies of the People, de Rob Lemkin et Thet Sambath - Cambodge / Royaume

Prix spécial du jury - documentaire : Gasland , de Josh Fox
Prix spécial du jury - fiction : Sympathy for Delicious, de Mark Ruffalo

Prix du public :

- documentaire : Waiting for Superman, de Davis Guggenheim
- fiction : happythankyoumoreplease, de Josh Radnor
- documentaire du monde : Wasteland, de Lucy Walker - Royaume Uni/Brésil
- fiction du monde : Contracorriente (Undertow), de Javier Fuentes-Leo?n - Pérou

Prix Best of NEXT :  Homewrecker, de Todd & Brad Barnes

Prix Albert P. Sloan - meilleur film mettant en valeur les Sciences et Technologies : Obselidia, de Diane Bell

Gagnants du Prix des cinéastes intrenationaux du Sundance Institute & de NHK : Amat Escalante (Mexique) ; Andrey Zvyagintsev (Russie) ; Daisuke Yamaoka (Japon) ; Benh Zeitlin (USA)

Oscars : le match entre James Cameron et Kathryn Bigelow, son ex, est ouvert

Posté par vincy, le 31 janvier 2010

Coup sur coup, deux Guildes très influente, celle des producteurs et celle des réalisateurs, ont préféré, comme de nombreux critiques américains en décembre, récompenser Kathryn Bigelow et ses Démineurs à James Cameron et ses Avatars.

Or, si les palmarès des acteurs sont cohérents depuis plusieurs semaines, et laissent peu de doute pour les Oscars, le match Cameron-Bigelow tourne à la guerre des Rose entre les lobbyistes des deux studios. A cela s'ajoute une rivalité factice (purement médiatique) entre ex.  L'un a déjà eu l'Oscar, l'autre pas. Les Oscars sont aussi jugés assez misogynes, ce serait une manière de se "rattraper" en la récompensant.

Etat des lieux.

D'un côté Goliath, Avatar : ses 2 milliards de $ de recettes, ses deux Golden Globes (film et réalisateur), ses 8 nominations aux British Awards, et  l'aura d'un déjà oscarisé, James Cameron.

De l'autre David, Démineurs : 16 millions de $ de recettes dans le monde, une image de revenante pour celle qui fut la seule femme à réaliser de bons films d'action dans les années 90, 7 nominations aux British Awards et meilleur film et meilleur réalisateur selon les critiques de New York, Los Angeles, Chicago. Sans oublier une flopée de prix mineurs au festival de Venise.

Deux conceptions du cinéma d'action, deux modèles économiques différents, deux visions du 7e art. Les deux ex - qui sont amis selon les journaux bien informés - se retrouveront certainement aux Oscars. La compétition séduira sans doute les journaux "people". Le résultat, lui, sera révélateur de ce que les professionnels hollywoodiens veulent afficher comme programme. On a déjà vu de nombreux favoris s'éclipser en faveur du film le plus spectaculaire et consensuel.

Mais là, la course à l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur dépasse les deux personnalités de Cameron et Bigelow et même les sujets politiques (le pacifisme en toile de fond) des deux oeuvres. Non il s'agit de savoir si on récompense l'ambition d'un Cameron et la folie de la Fox de l'avoir accompagné dans ce projet. Ou si l'on préfère l'aventure indépendante de Summit Entertainment, qui a épaté Hollywood avec sa saga Twilight, en plus d'avoir conquis le coeur des critiques américains avec Démineurs.

Dans tous les cas, disons-le, ce serait une année mineure.

Chronique du Festival de Gérardmer 2010 : les neiges silencieuses

Posté par geoffroy, le 31 janvier 2010

Vendredi 29/1/10 14 :00

Dans les neiges vosgiennes profondes le giallo fut Amer et La horde peu sanglante. Mais beaucoup d’aboiements ont transpercés les festivaliers lorsque les chiens sont sortis de leur maison (Doghouse).

Amer, de Hélène Cattet et Bruno Forziani (Compétition officielle)

Quête charnelle à travers trois temps dans la vie d’une femme, Amer brille par son expérimentation de l’image et du son. Ce premier film exploite une palette cinématographique dense et cohérente entre l’hommage au giallo et le cinéma de Bunuel. Par effleurement des sens Amer suggère le désir et la fragilité de la chair de manière brutale, colorée, intime, comme offerte à l’autre tout en le lui refusant. Expérience troublante entachée par un troisième acte un peu vain, Amer reste une très bonne surprise.

Notes : Denis 4/5 ; Geoffroy 4/5

La Horde, de Yannick Dahan et Benjamin Rocher (Compétition officielle)

La Horde est un essai français sympathique mais un peu vain voire léger du film de zombies. Association de circonstance entre des flics masqués et des durs à cuire de cité contre une horde de zombies sortie de nulle part, l’action non stop se répète à chaque étage entre punch lines agressives et dégommage de zombies pas si sanglant que prévu. Un brin décevant.

Notes : Denis 2/5 ; Geoffroy 2/5

Doghouse de Jack West (Hors compétition)

Film potache à la Shaun of the dead, Doghouse est un film de femmes zombies lorgnant du côté de la parodie sans prétention des films du genre. On est jamais vraiment surpris ni déçu. On se marre des quelques situations incongrues entre misogynie et découpage de doigts. Un vrai bon moment sympathique à partager entre pote.

Notes: Denis 3/5 ; Geoffroy 2/5

***

Samedi 30 /01/2010

Halloween 2 de Rob Zombie (Hors Compétition)

Faisant suite au remake d’Halloween sortie en 2009 et réalisé également par Rob Zombie, ce n°2 reste sur les traces de la saga tout en offrant une pointe d’originalité assez rare dans ce genre cinématographique. Zombie nous gratifie de belles scènes oniriques plongeant le spectateur dans la folie meurtrière d’un Myers toujours aussi flippant.

Notes : Denis 3/5 ; Geoffroy 3/5

The Door de Anno Saul (Compétition officielle)

Sur le thème très original du monde parallèle, le réalisateur brosse le quotidien d’un père responsable de la mort de sa fille. Traversant par hasard une porte temporelle, il a la possibilité de revenir en arrière et modifier ses erreurs. S’ensuit une mise en scène convenue qui, malgré le talent des acteurs (mention spéciale à Mikkelsen), plombe irrémédiablement le film. Le twist final ne changera pas le cours des choses et The Door s’avère être une œuvre rapidement oublié.

Notes : Denis 1/5 ; Geoffroy 2/5

Survival of the dead, de Georges Romero (Hors compétition)

L’un des films les plus attendus du festival fut aussi l’une des plus grosses déceptions. Romero plagie Romero et nous pond un zombie chez les ploucs. Il enterre d’un coup de sabot sa saga et par là même occasion le film de zombie. Adieu critique des Etats Unis, adieu fronde contre le consumérisme et la saturation des images, Romero n’a plus rien à dire. Clap de fin.

Notes : Denis 0/5 ; Geoffroy 1/5

Vesoul 2010 : un documentaire sur le festival en guise de miroir

Posté par kristofy, le 30 janvier 2010

frederic ambroisineComme toutes les belles histoires, celle de Vesoul commence par "il était une fois"… Il était une fois dans la ville de Vesoul en Franche-Comté deux professeurs et documentalistes, Martine et Jean-Marc Thérouanne, qui ont commencé à organiser un festival de cinéma dédié aux films asiatiques, puis les ont rejoint une troisième personne puis d’autres encore. Maintenant en 2010 c’est la 16ème édition du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, le FICA est reconnu au niveau international. Le 15ème anniversaire l’année dernière était l’occasion de filmer les coulisses du festival, et ces images sont devenues un documentaire projeté cette année.

C’est Frédéric Ambroisine (notre photo), journaliste et réalisateur de bonus dvd de films asiatiques, qui a réalisé ce documentaire FICA : du proche à l’extrême orient, soit un montage de plus d’une heure de la vie du festival de 2009. On y voit les organisateurs se souvenir des débuts qui était presque un ciné-club avec la conviction que la culture n’est pas réservée aux grandes villes ni à une élite intellectuelle.

Depuis le festival s’est développé et a changé de lieu, c’est environ 25 000 spectateurs en une semaine et 700 films qui ont été montré en 15 ans. On revoit certains temps forts de l’année dernière comme la venue du réalisateur Mohsen Makhmalbaf avec sa famille ou les échanges de points de vue entre les membres du jury jeunes. Le documentaire fait aussi la part belle aux passionnés bénévoles qui participent activement à son organisation.

On découvre Wafa Ghermani gère l’accueil des professionnels et qui fait la traductrice, Eugénie Zvonkine évoque la chance de pouvoir découvrir des films russophones ici, ou encore Anaïs qui conduit les invités en discutant avec eux dans la voiture, et même la directrice Martine Thérouanne qui vérifie un sous-titrage. Les différents cinéastes et acteurs invités sont heureux de la réelle proximité avec le public avec des échanges après les séances ou même des discussions autour d’un verre.

Vesoul est devenue capitale de l’Asie et souvent la première fenêtre européenne de distributions de certains films, dont certains ne peuvent même pas être vus dans leurs pays d’origine. Le réalisateur Frédéric Ambroisine avec ce documentaire FICA : du proche à l’extrême orient a réussi à synthétiser l’esprit de Vesoul, ce que Jean-Marc Thérouanne définit comme une recherche d’émotions collectives partagées.

Crédit photo : Christophe Maulavé

Vesoul 2010 : 3 questions au réalisateur indien Satish Manwar

Posté par kristofy, le 30 janvier 2010

Satish ManwarMême s'il ne figure pas dans la sélection "L'homme et la nature", The damned Rain (présenté en compétition) montre avec acuité comment l’homme dépend de la nature pour subvenir à ses besoins. Le réalisateur indien Satish Manwar s’intéresse en effet aux milliers d’agriculteurs qui se suicident chaque année. Dès le début du film, un fermier est
retrouvé pendu à un arbre, une femme va alors inquiéter pour son mari et faire en sorte qu’il soit toujours accompagné de sa mère ou de son fils pour éviter qu’il soit un moment seul.

Quelques situations cocasses vont laisser place aux difficultés de cultiver la terre : il faut labourer, semer, traiter, récolter, vendre, transporter… et surtout s’endetter. De plus, tout dépend de la pluie dans une région où il ne pleut quasiment jamais ou alors beaucoup trop et ça inonde tout. Au fur et à mesure du film, on mesure la somme d’efforts dépensée pour peut-être pas grand-chose en bénéfice...

Trois questions au réalisateur Satish Manwar à l’issue de la projection.

EN : Racontez-nous l’élaboration de ce film ?

SR : Il a fallu cinq ans pour faire ce film entre l’écriture et le tournage. Je suis originaire de ce milieu rural que l’on voit ici, je voulais raconter des histoires vraies et tourner en décors réels. Il y a des acteurs mais aussi beaucoup de vrais villageois. On était tous émus par la situation de ces gens. Lorsque les paysans ont vu le film, il y a eu une
décharge émotionnelle énorme.

EN : Pourquoi autant de paysans sont confrontés à de telles extrémités ?

SR : Il y a plusieurs causes mais la principale est que le prix d’achat des récoltes n’est pas assez élevé, il couvre à peine les dépenses. Mais je crois que ça ne concerne pas seulement ces gens de l’Inde.

EN : Quelles sont les mesures pour aider ces paysans ?

SR : Ce que l’on voit dans le film existe en réalité. Lorsqu’il y a un suicide, le gouvernement selon certains cas indemnise la famille en lui donnant une somme d’argent, surtout quand il s’agit de la disparition d’un homme qui travaillait pour subvenir aux besoins de toute sa famille. Il y a quelque temps le gouvernement a aussi débloqué une énorme somme pour venir en aide aux agriculteurs, mais cette somme a été donnée aux banques pour les inciter à accorder plus de prêts. Ce qui ne change en fait absolument rien puisque ces paysans sont déjà beaucoup trop endettés.

Crédit photo : Christophe Maulavé

Premiers plans d’Angers : des jeunes talents qui manquent d’inspiration

Posté par Benjamin, le 29 janvier 2010

Pour éviter tous malentendus, pour mettre les points sur les "i" avant de clamer toute chose, il faut préciser sans tarder que tous les films de la compétition n’ont pas été vus et que donc cet article ne concerne qu’un petit nombre d'entre eux.

La 22ème édition du festival Premiers plans souffre d'une légère faiblesse, un certain style dans quelques uns des longs métrages de la compétition qui agace. En effet, ces jeunes cinéastes semblent manquer de deux choses : la première de scénario et la deuxième d’inspiration quant à leur mise en scène. De scénario car leurs personnages vagabondent dans des paysages sans fin sans rien exprimer, si ce n’est des sentiments confus et des émotions brouillées. A ces longs métrages, il n’y a pas de but, pas de carotte auquel le spectateur peut tenter de s’accrocher, pas d’objectif à atteindre. C’est le néant. Alors les mots sonnent faux, le ton est creux et les acteurs peinent à sauver le naufrage.

Faute d’un véritable sujet à aborder, le metteur en scène essaye de combler. Alors, habiter un trop long instant par Antonioni, il laisse sa caméra, fixe, filmant le regard profondément hagard de son personnage et à l’occasion quelques paysages sympa qui passaient par là. On se demande pour finir si l’équipe n’est pas allée prendre un café, laissant tourner la caméra dans le vide. Mais enfin, grâce à ses longs plans à rallonge qui contemplent mais ne disent rien, le film peut gravir les 1h30 de pellicules. On ne demandait pourtant pas tant de souffrances.

Heureusement, lorsqu’une perle arrive, nos mirettes ne passent pas à côté et là on tremble, on vibre pour quelque chose. On accompagne des personnages forts confrontés à des situations intenses. On se laisse embarquer par cette folle proposition d’un réalisateur en herbe. On se dit qu’enfin nos efforts sont récompensés. On rencontre un talent. C’est arrivé au festival Premiers Plans avec le très beau film, La régate, du belge Bernard Bellefroid (photo) qui suit la vie difficile d’un adolescent écrasé par un père instable qui le cogne plus qu’il ne l’embrasse. Une histoire d’amour, une relation fusionnelle mais impossible entre un père et son fils. Un film extrêmement sensible et courageux qui nous porte jusqu’à l’espoir après nous avoir fait passer par les plus effroyables tensions.

Vesoul 2010 : L’Homme et la Nature

Posté par kristofy, le 29 janvier 2010

Le 16ème festival de Vesoul a choisi une vingtaine de film sur la thématique de L’Homme et la Nature. Martine Thérouanne, la directrice du FICA, souligne que c’est plus que jamais d’actualité. "Pendant longtemps l’homme a semblé dépendre totalement d’elle, puis les progrès techniques ont pu lui faire croire qu’il la dominait à sa guise. Il commence enfin à prendre conscience, bien timidement, que cette nature dont il a tant besoin est à la fois menacée et menaçante".

Le réalisateur Zhang Lu, qui avait déjà reçu le Cyclo d’Or de Vesoul pour Grain in ear en 2006, nous fait découvrir dans son film Desert Dream un endroit désertique à la frontière de la Mongolie où le sable progresse en étouffant toute végétation. Les villageois s’en vont, sauf un qui reste dans sa yourte pour replanter de jeunes pousses d’arbres. Alors que son épouse est partie pour faire guérir les oreilles de leur fille, c’est une femme coréenne dont il ne comprend pas la langue qui arrive avec son petit garçon. Le trio va communiquer par gestes pour se connaître puis vont se partager les gestes du quotidien (traire la vache pour le lait, ramasser des bouses pour le feu…). Il semble que planter des arbres pour protéger la steppe est un combat perdu d’avance, et que là-bas la nature exclue l’homme.

Au Vietnam c’est l’homme qui détruit la nature pour l’exploiter à son profit comme ressource. Le film Les coupeurs de bois de Vuong Duc avait déjà été remarqué à Nantes en 1999, et aujourd’hui à Vesoul il a de nouveau beaucoup impressionné le public. Le Vietnam avait déjà lourdement subit une grave déforestation suite au tonnes de bombes de la guerre, et de nos jours on assiste à une déforestation sauvage pour la découpe du bois en planche ou en poutre. On découvre Buong qui vole et tue des chiens pour ensuite les resservir dans son restaurant, mais on lui brûle sa paillote. Il entraîne alors avec lui son neveu et d’autres jeunes de sa famille dans la forêt pour le trafic d’arbres. Ils font les bûcherons pour le compte d’un revendeur malhonnête et rapidement les rivalités s’enveniment, surtout pour convoiter une jolie fille. Le réalisateur Vuong Duc marque les esprits avec quelques séquences brutales comme le combat contre un ours et surtout l’amputation d’un orteil. Bien qu’un personnage dise que "sauver la forêt c’est sauver le pays" on se rend compte que c’est la loi de la jungle (l’offre et la demande, le profit) qui risque de continuer.

Un état du monde grâce au cinéma: Haïti, Russie, Corée, Iran…

Posté par vincy, le 28 janvier 2010

etatdumonde.jpgPour conclure notre partenariat avec Courrier International, évoquons le 2e Festival Un état du monde ... et du cinéma. Il a lieu au Forum des images à Paris, du 29 janvier au 7 février. Cette année, il est parrainé par Jacques Attali et le réalisateur haïtien, ancien Ministre de la culture de son pays, et nouveau Président de la Fémis, Raoul Peck.

Faisant le lien entre cinéma et politique, société, peuples, cette manifestation mélange les regards du monde : Jeon Soo-il, Nikita Mokhalkov, Claire Denis, Merzak Allouache, Hana Makhmalbaf, Michel Ciment, Florence Aubenas, William Karel...

Dix avant-premières rempliront chacune des dix soirées : White Material en ouverture, puis 12, le remake russe de 12 hommes en colèreThe Messenger, Himalaya, Moloch Tropical, qui lui s'inspire du Moloch de Sokourov, Lola, le nouveau Mendoza, Harragas, Bassidji, Pepetuum Mobile et Téhéran.

Deux grands thèmes traverseront la programmation. Corée : bouleversement d'une identité avec en plus une table ronde, "Corée, singulier ou pluriel?" le 6 février. Des films peu connus de l'avant-garde cinématographique décriront une Corée inédite, en pleine mutation, entre tradition et modernité. Parallèlement, Le retour du religieux? posera aussi la question identitaire, et cet équilibre préilleux entre valeurs ancestrales et monde contemporain complexe. Avec des films de Chahine, Darabont, Reygadas et Makhmalbaf, on fera le tour du monde et des cultes.

Le festival organise aussi une rétrospective Raoul Peck , une rencontre avec Nikita Mikhalkov et un Focus sur l'Iran. Manière de mettre en avant trois destins qui nous concernent au premier plan ces temps-ci : Haïti, la Russie de Poutine, la rébellion contre le régime de Téhéran.  Quatre films réalisés ces derniers mois débarqueront en avant-première en Frnce, avec la possibilité de discuter avec leurs auteurs.

Le cinéma ne sera pas oublié avec un bilan 2009 en cinq conférences. La désobéissance, la crise, la planète écologique, la prison seront ainsi analysées et commentées grâce à un 7e art qui a témoigné de ces enjeux.

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Ôde fantastique au Président John McTiernan

Posté par denis, le 28 janvier 2010

jmctiernan.jpgAdulé par le public de ciné de genre et souvent boudé par un grand public incapable d’apprécier le second degré, John McTiernan, Président du jury du festival du film fantastique de Gérardmer, a créé depuis plus de 25 ans des œuvres hybrides à la lisière du fantastique, où l’épopée guerrière croise le consumérisme actuel, où le survival se débat avec l’anthropologie, et où un sens inné de la mise en espace de l’action l’assoit comme l’un des derniers grands du cinéma contemporain. Car il n’est pas donné à tout le monde de refaçonner le cinéma d’action à grands coups de créatures fantastiques et d’humains tordus !
Son œuvre se divise en deux catégories distinctes : le film d’action pur et dur (Die Hard 1 et 3, Last action hero), et l’hybride entre la science-fiction et le fantastique. C’est d’ailleurs pour cette deuxième facette qu’il trouve sa place cette année en tant que Président du jury. Car le papa du chef d’œuvre Predator et du film maudit Le 13ème guerrier devait un jour ou l’autre être reconnu pour ses bons et loyaux services. Et quoi de mieux qu’un parterre de mecs férus de pelloches transgressives pour le hisser au panthéon des réalisateurs qui « en ont » aux côtés de Friedkin et Carpenter.
Dès ses débuts McTiernan déclare son amour au genre avec Nomads, film d’aventure à la contrée du fantastique où des chercheurs vont se perdre dans la découverte d’étranges créatures. Amour des grands espaces, personnages en quête d’eux-mêmes, combat de la nature humaine, fascination pour ce que l’image peut révéler : toutes ces thématiques inscrites dans ce film exploseront quelques années plus tard avec le dantesque et séminal Predator. Est-il encore nécessaire de présenter ce film, chaînon manquant entre Alien pour la créature et Conan le barbare pour la fureur barbare et la transcendance de la nature. Symbiose du survival hardcore et de la menace venue d’ailleurs, il est pour son auteur le film de la reconnaissance. Inégalable. Le 13ème guerrier aurait pu lui aussi atteindre la perfection de Predator si le producteur Crichton ne l’avait pas massacré au montage. Belliqueux, épique, incroyable mélange de finesse et de brutalité, Le 13ème guerrier brille par la capacité de son réalisateur à magnifier le monde viking puis à le confronter à une menace sourde renvoyant aux premières heures de l’humanité. Sombres et lumineuses, les scènes de combat aux multiples angles de perception sont de véritables leçons de cinéma. Sans parler des nombreux paysages crépusculaire qui émaillent le film.

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Vesoul 2010 : le 16ème FICA tisse des liens dans le temps

Posté par kristofy, le 28 janvier 2010

Cyclo d’honneur à l’actrice iranienne Fatemeh Motamed-AryaPour sa 16e édition, le Festival international des Cinéma d'Asie de Vesoul s'est placé sous le signe fort de la liberté d'expression et de la défense de la démocratie en remettant lors de la cérémonie d'ouverture un Cyclo d'honneur à l'actrice iranienne Fatemeh Motamed-Arya (actrice iranienne la plus primée, elle a reçu plus de 30 prix au niveau national et international) et au réalisateur Jafar Panahi (Caméra d’Or à Cannes en 1995 pour Le Ballon Blanc, Léopard d’Or à Locarno en 1997 pour Le Miroir, Lion d’Or à Venise en 2000 pour Le Cercle, Ours d’argent à Berlin en 2006 pour Hors Jeu...)

Ce dernier n'a pu obtenir à temps un visa de sortie du territoire iranien, mais pourrait encore arriver à temps à Vesoul pour recueillir ce prix hautement symbolique. Fatemeh Motamed-Arya (grande habituée de Vesoul) était elle présente. Alain Joyandet, ministre de la Coopération et maire de Vesoul (à droite sur notre photo), lui a d'ailleurs rendu un hommage vibrant, saluant plus généralement tous les artistes qui "luttent" à leur façon dans le monde pour plus de démocratie.

Ensuite, les festivaliers ont découvert en avant-première La Tisseuse de Wang Quann’an, avec son actrice fétiche Yu Nan, avec laquelle le réalisateur chinois avait remporté  l’Ours d’Or à Berlin en 2007 pour Le mariage de Tuya. On y découvre une femme qui a perdu le goût de vivre au milieu de d’entreprises qui ferment, son petit garçon lui redonne à peine l’envie de s’accrocher. "Je ne veux pas attendre la mort à la maison", dit-elle. Alors elle va partir en voyage à la recherche de son premier amoureux dont elle n’a plus de nouvelles depuis dix ans. La Tisseuse est autant une évocation de changements industriels en Chine (une usine avec des traditions russes, une imprimerie démolie dans un quartier en mutation…) que le parcours d’une femme qui se rend compte qu’elle aurait pu connaître bien plus de bonheurs. Ce drame illuminé par la présence de Yu Nan a déjà valu au réalisateur Wang Quann’an d’être récompensé à Montréal.

Après avoir célébré son 15e anniversaire en 2009, le FiCA revient jusqu'au 2 février avec un rythme de projection soutenu : 80 films à découvrir parmi lesquels des longs métrages et documentaires inédits en compétition, l'intégrale des films du réalisateur turc Omer Kavur, un regard sur le cinéma taïwanais, une thématique "l’Homme et la Nature" et des documentaires indépendants vietnamiens.

Crédit photo : Michel Mollaret