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Janvier 2013

5e AVENUE, 5 HEURES DU MATIN
Il était une fois un film...

5e Avenue, 5 heures du matin - Audrey Hepburn, Diamnats sur canapé et la genèse d'une film culte
de Sam Wasson, éditions Sonatine

Nous voici à quelques semaines des 20 ans du décès d’Audrey Hepburn. Un livre vient nous rappeler comment l’icône s’est construite. De ses modestes débuts dans des comédies musicales sans intérêts à sa rencontre avec Colette qui a tout de suite vu en elle l’éternelle Gigi qui allait transformer sa vie. Bien sûr 5e Avenue, 5 heures du matin, de Sam Wasson, n’est pas une biographie de l’actrice. C’est bien plus que cela. Le document, véritable roman sous forme de feuilleton aux rebondissements hollywoodiens, plonge dans les racines d’un film culte, Diamants sur Canapé, ou plutôt Breakfast at Tiffany’s, de Blake Edwards. De l’inspiration du romancier Truman Capote aux négociations en tous genres entre producteurs, comédiens, agents, cinéaste, et même époux, c’est un véritable making of qui plonge le lecteur dans une époque (les années 50 et le début des années 60, une caste (l’élite new yorkaise, le business californien, la star européenne) et un art (le septième, celui qui ne se fait pas en un coup de pinceau ou un jet d’encre). Ce livre, admirablement référencé, précis, fourmille d’anecdotes, mais aussi de points de vue, de personnages secondaires (Marilyn en premier lieu, mais pas seulement). Et si Audrey Hepburn tient une place si particulière dans l’ouvrage c’est pour démontrer combien il était tout sauf évident pour l’actrice d’incarner le personnage imaginé par Capote, celui d’une prostituée de luxe, individualiste, légèrement insouciante, mais libre. Diamants sur canapé la fera passer dans une autre catégorie, loin des comédies romantiques qui l’ont rendue célèbre. Son premier rôle d’adulte. Mieux, elle sera à jamais identifier à ce personnage grâce aux transformations malicieuses du scénariste, à la chanson de Mancini (Moon River) et la mise en scène élégante et moderne de Blake Edwards, l’immortalisant avec sa jupe noire, ses lunettes de soleil, et son petit déjeuner devant la vitrine du bijoutier new yorkais. Image culte (reproduite à l’infini dans toutes les boutiques de souvenirs et de photos) qui n’est que l’illustration symbolique d’un changement d’époque : l’Amérique passe avec ce film dans les années 60. Sam Wasson, avec un style vif, accessible, amusant, sincère et parfois des révélations cruelles, nous fabrique alors un autre film. Et c’est là son plus beau talent. Donner une dimension cinématographique à un livre, mais pas seulement : il compose une partition complémentaire à un film qu’on croyait connaître par cœur…

- aristo-fan